Association pour la taxation des transactions financières et pour l'action citoyenne

L'Association pour la taxation des transactions financières et pour l'action citoyenne, est une organisation altermondialiste créée en France en 1998.



Catégories :

Association ou organisme de réflexion - Association fondée en 1998 - Mouvement altermondialiste - Altermondialisme - Économie internationale - Éducation populaire - Association ou organisme lié à la diffusion d'idées politiques

Recherche sur Google Images :


Source image : www.reseauforum.org
Cette image est un résultat de recherche de Google Image. Elle est peut-être réduite par rapport à l'originale et/ou protégée par des droits d'auteur.

Page(s) en rapport avec ce sujet :

  • ATTAC (Association pour une taxation des transactions financières pour l'aide aux citoyens). Créée en France en 1998 à l'initiative du Monde diplomatique, de représentants d'organisations... Initialement dénommée " Action pour une taxe Tobin d'aide aux citoyens", ATTAC est devenue... mouvement social et citoyen... (source : rinoceros)
  • Action pour la Taxation des Transactions financières pour l'Aide aux Citoyens (A. T. T. A. C. ). Mouvement citoyen qui milite contre l'emprise de la finance et des ... Pour cela, A. T. T. A. C. milite en faveur de l'instauration d'une taxe sur les ... Créée en 1999, l'association lyonnaise rassemble 30 bénévoles actifs.... (source : millenaire3)
  • France : 4D, AC ! (Agir ensemble contre le chômage !... (Assemblée Citoyenne des Originaires de Turquie), ACTION MOPTI, ADDE (Avocats pour la... pour la Taxation des Transactions financières pour l'Aide aux Citoyennes et citoyens), .... Togo : ATTAC Togo (Association pour la Taxation des Transactions financières... (source : cimade)
Association pour la taxation des transactions financières et pour l'action citoyenne
Pays où des associations Attac sont présentes
Pays où des associations Attac sont présentes.

Création 3 juin 1998
Type Organisation altermondialiste
Siège 66, rue Marceau
93100 Montreuil
France France
Présidents Jean-Marie Harribey
Aurélie Trouvé
Site Web www. attac. org

L'Association pour la taxation des transactions financières et pour l'action citoyenne[1], [2] (Attac) est une organisation altermondialiste créée en France en 1998. Elle est présente dans 36 pays[3].

Historique

Dans le numéro de décembre 1997 du journal Le Monde diplomatique, dans un éditorial prônant l'établissement de la taxe Tobin, Ignacio Ramonet propose l'idée de créer une «Association pour une taxe Tobin d'aide aux citoyens»[4]. Pour cela, il suggère de mettre en place une organisation défendant l'idée de cette taxe. Cet appel, lancé en pleine crise des marchés asiatiques, reçoit la plupart de réponses.

L'association pour la taxation des transactions pour l'aide aux citoyens, Attac, est créée le 3 juin 1998 au cours d'une assemblée constitutive[5]. Depuis, Attac est présente dans 36 pays[3]. En France, des hommes politiques, des associations, des syndicats et des spécifiques sont adhérents à l'association.

L'association s'est pourvue en France dès l'origine, et aussi dans certains pays, d'un «conseil scientifique» qui se veut indépendant de toute structure universitaire ou officielle. En France, ce conseil scientifique a été présidé successivement par deux professeurs d'économie, René Passet puis Dominique Plihon. Il regroupe[6] :

Des membres d'Attac sont à l'origine du Forum Social Mondial de Porto Alegre et des Forums Sociaux Européens.

Attac a reçu en France le statut d'association d'éducation populaire par arrêté ministériel, ce qui lui permit surtout de recevoir des subventions[7].

Dès l'origine, Attac était une association particulièrement centralisée sur Paris. Elle bénéficiait d'un local localisé à proximité du siège du Monde diplomatique dont deux salariés consacraient l'essentiel de leur temps au développement d'Attac. De même, une dizaine d'autres permanents de plusieurs associations fondatrices, surtout la Fédération des Finances CGT, la FSU, et Sud ont libéré pour Attac une part importante de leur temps (payé par leur propre organisation). Quelques mois après sa création, Attac a embauché quatre permanents salariés.

Cependant, les initiatives décentralisées de militants enthousiastes créant des «Comités locaux d'Attac», après l'automne 1998, ont surpris la direction. Cette dernière n'avait même pas envisagé l'existence de ces formations dans ses statuts rédigés avant juin 1998.

Après 1999, Attac a ainsi fonctionné sur deux modes d'organisation parallèles :

Très vite, ce complexe partage du pouvoir posa problème. Ce sont les associations dites "fondatrices" qui avaient la réalité du pouvoir dans Attac ; du fait des statuts de 1998 rédigés pour se prémunir contre le risque d'entrisme[9].

Les comités locaux n'ayant pas d'existence dans les statuts, une Conférence nationale des comités locaux (la CNCL) fut créée en 2002. C'était la première instance ad hoc qui leur donnait des moyens de délibération et d'expression important. Mais cela ne fut pas suffisant et la révolte des comités locaux recommença dès 2003.

En 2009, une reconstitue des statuts est votée par les adhérents de l'association[1], [2]. Ces nouveaux statuts officialisent la reconnaissance des comités locaux et de la conférence nationale des comités locaux (CNCL). Le nom de l'association se voit aussi modifié en «association pour la taxation des transactions financières et pour l'action citoyenne».

Historique et organisation

Créée en 1998, Attac France a été la première association Attac. C'est une des deux associations Attac, avec Attac Allemagne, qui a aujourd'hui le plus d'activité et de militants dans le monde. Elle a connu une croissance rapide de ses effectifs, jusqu'à plus de 30 000 fin 2005, puis une chute en 2006. Dans la brochure d'Attac de 2009 on lit que «près de 15 000 personnes ont adhéré en 2007»[11]. 10650 adhérents sont à jour de cotisation au 30 septembre 2008[12].

Parmi les adhérents figurent aussi des membres collectifs : associations, syndicats, collectivités locales, journaux, etc. Certains membres sont issus de formations associatives, politiques ou syndicales qui comprennent la plupart de sensibilités différentes : écologiste, socialiste, communiste, trotskiste ou chrétienne sociale. D'autres, dont énormément de jeunes, ont trouvé là un premier engagement politique localisé en dehors des partis.

Attac France dispose en son sein d'un groupe d'études dénommé «comité scientifique» qui lui apporte des études approfondies, surtout sous la forme de livres et de brochures, et des analyses détaillées des questions d'actualité pouvant alimenter ses campagnes. Parmi ses nombreux membres, on peut citer Jacques Cossart, son secrétaire général, les économistes Jean Gadrey et Jean-Marie Harribey ou les deux présidents successifs du Conseil scientifique, René Passet et Dominique Plihon.

Attac à Cologne

Attac est dirigé par un conseil de trente administrateurs, élus pour trois ans et rééligibles. Parmi ces 30 personnes, 12 sont élues par l'assemblée générale des adhérents directs et 18 sont cooptées dans le Collège des fondateurs. Ce dernier est constitué de représentants des organisations syndicales, journaux et associations ayant participé à la création d'Attac mais aussi de nombreux membres, personnes physiques et morales, cooptés depuis.

L'année 2006 a été une année complexe pour Attac France, avec une baisse du militantisme et de vives polémiques intestines liées à une fraude électorale commise à l'occasion du renouvellement du conseil d'administration[13].

Depuis la réélection de sa direction en juin 2006, la branche française de l'association a traversé une crise interne grave, des accusations de fraude électorale ayant été surtout portées contre son président Jacques Nikonoff[14]. Plusieurs enquêtes internes, dont l'une à laquelle a surtout travaillé l'économiste et premier président de son comité scientifique René Passet[15], ont prouvé la réalité de cette «manipulation». A la suite de ces révélations, Jacques Nikonoff s'est trouvé contraint de démissionner.

Ces crises internes et des désaccords avec les prises de position politiques de sa direction, pour les élections européennes, puis en faveur du Non lors du référendum sur le Traité établissant une Constitution pour l'Europe ont conduit à une fonte importante des effectifs. Grâce à des élections régulières, marquées en décembre 2006 par un fort taux de participation, l'association se redresse. Début 2007, elle a retrouvé la croissance de ses effectifs.

L'État français et des collectivités locales ont subventionné le Forum Social Européen de Paris, organisé par Attac France ainsi qu'un certain nombre de ses universités d'été.

Présidents d'Attac France :

Présidents d'honneur : Ignacio Ramonet, Bernard Cassen.

Membres fondateurs

Lors de la création de l'association en 1998, on trouve parmi les membres fondateurs d'Attac France de nombreuses personnalités. Des personnalités médiatiques ont été ajoutées rétroactivement comme membres fondateurs.

Le «Mouvement mondial ATTAC»

Un stand d'Attac Autriche à Vienne le 4 septembre 2005

Les 11 et 12 décembre 1998, à Paris, se tient une réunion mondiale qui établit le Mouvement mondial ATTAC - " Mouvement mondial pour le contrôle démocratique des marchés financiers et de leurs institutions ". Il prône la convergence de différents réseaux militants de l'ensemble des pays contre les politiques néolibérales ; partant de la conception que les mouvements syndicaux, des droits de l'homme, écologistes, citoyens (entre autres) sont les différentes facettes de cet objectif.

Un autre de ses objectifs principaux est de pallier ce que le mouvement considère comme des dysfonctionnements de la démocratie pour le cas des pays dits démocratiques. Pour ce faire, le mouvement affiche la volonté de débattre plus collectivement, d'informer plus efficacement, de développer la démocratie participative.

Il a été décidé lors de cette conférence que le mouvement mondial s'organiserait sans structures hiérarchiques ni centre géographique. Une plateforme commune est tout de même posée comme référence des différents comités.

Attac est présente dans 36 pays : Allemagne, Argentine, Australie, Autriche, Belgique, Burkina Faso, Canada (Québec) , Chili, Colombie, Costa Rica, Côte d'Ivoire, Danemark, Équateur, Espagne, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Italie, Japon, Jersey, Liban, Luxembourg, Maroc, Norvège, Pays-Bas, Pérou, Pologne, Portugal, Sénégal, Suède, Suisse, Togo, Tunisie, Uruguay, Vénézuela[3].

Objectifs
Militants d'ATTAC manifestant en France contre la privatisation et le «démantèlement» des services publics, 2005

L'objectif d'origine de l'association était d'introduire une taxe sur les mouvements internationaux de capitaux pour décourager la spéculation. Le produit de cette taxe (connue sous le nom de taxe Tobin) financerait des projets de développement écologique et social.

Depuis, Attac a élargi son champ d'intervention et s'intéresse désormais à l'ensemble des aspects qui se rapportent au cours dominant de la mondialisation économique, qu'elle qualifie de néolibérale. Attac combat à ce titre les décisions de l'OMC, de l'OCDE ou du FMI, qu'elle ne voit pas comme des instances de régulation favorables.

Quoiqu'Attac critique le fonctionnement de l'économie mondiale, qu'elle considère dominée par le «néolibéralisme», elle ne se dit pas opposée à la mondialisation généralement. Elle souhaite encourager des politiques économiques respectueuses des aspects sociaux et environnementaux, affirmant que des politiques économiques anti-libérales sont envisageables.

Au début de l'année 2006, Attac était reconnu par le journal Le Monde comme étant en perte d'influence auprès du mouvement altermondialiste[16].

Principaux thèmes

Les principaux sujets sur lesquels travaillent Attac sont :

Modes d'actions

Attac participe aux manifestations altermondialistes dans le monde, dont celles visant à interpeller les grandes puissances lors des réunions mondiales (G8, OMC, FMI, Forum de Davos, ... ).

Pour diffuser ses idées, Attac cherche à être visible sur la scène publique et médiatique en utilisant divers moyens de communication : conférences, articles, manifestations diverses, campagnes de communication, projections de films documentaires. Deux slogans illustrent les thèses d'Attac : «Le monde n'est pas une marchandise» et «D'autres mondes sont envisageables».

Attac considère ne pas porter la responsabilité des arrachages de plants d'OGM effectués selon le «principe de précaution», ni des affrontements avec les forces de l'ordre.

Attac publie des ouvrages de vulgarisation présentant ses thèses sur les conséquences d'une économie jugée «néo-libérale».

Depuis sa création, l'organisation interne d'Attac repose énormément sur internet (listes de diffusions, site internet).

Controverses sur Attac

Diverses controverses existent sur le mode de fonctionnement, les méthodes, les propositions, les ambitions politiques et le financement d'Attac . Une part substantielle de ces critiques émane de partisans du libéralisme, et est la preuve, selon la direction d'Attac, que l'association dérange l'ordre établi.

Attac est de fait fréquemment attaquée, y compris par des militants de gauche, dans les pays du Nord et du Sud, sur ses prises de position qui vont jusqu'à bloquer la prise de décisions aux sommets internationaux de l'OMC. Alors même que certaines de ces décisions auraient été favorables aux pays du Sud. [réf.  souhaitée]

A l'intérieur du mouvement altermondialiste, Attac est quelquefois critiquée pour son réformisme face à la mondialisation néo-libérale, pour sa manière jugé quelquefois trop légaliste de lutter contre le néo-libéralisme.

  • Les premières critiques sur Attac lui reprochaient le refus de la mondialisation qui conduirait "à un repli identitaire national" ; c'est pourquoi Attac revendique le terme «altermondialiste» par opposition au terme «antimondialiste».
  • D'autres mettent aussi en cause sa légitimité[17] à parler au nom des peuples, des plus pauvres ou même du mouvement altermondialiste ; Attac n'étant ni une association «de masse» ni un parti politique, elle ne représente véritablement que ses propres adhérents. Cette critique a été spécifiquement forte lors de la campagne contre le Traité constitutionnel européen, surtout lors de la publication des «12 exigences» d'ATTAC France suite au rejet du texte. La publication d'un texte prenant la forme d'«exigences» adressées au Conseil de l'Europe, quoique s'agissant clairement de revendications de l'unique association ATTAC France, a alors choqué ceux qui crurent comprendre qu'ATTAC s'exprimait au nom du peuple suite au référendum.
  • Ces mêmes adhérents ne disposent que d'un pouvoir limité face au conseil d'administration, en grande partie co-opté. Certains adhérents ont dénoncé un style «autoritaire», et ont accusé les dirigeants d'avoir «verrouillé et confisqué» le pouvoir[18].
  • Des économistes, comme Paul Krugman[19], pensent que les propositions d'Attac conduiraient à instaurer un protectionnisme sous couvert de «bonne conscience».
  • James Tobin (lauréat du prix "Nobel" d'économie 1981 et auteur de la taxe Tobin) s'est prononcé publiquement[20] contre le «détournement» de sa proposition par Attac, tandis qu'il n'y voulait qu'un moyen de diminuer la volatilité sur les marchés internationaux de capitaux. Sur le principe même de la taxe, Robert Mundell, prix "Nobel" d'économie (1999) et auteur de la théorie des zones monétaires optimales, qualifie la proposition de «taxe Tobin» de «débile» (dumb), «parce que la taxe Tobin ne supprimerait pas la spéculation, elle ne ferait que gêner les transactions». [21]
  • D'une façon plus générale, si la capacité d'Attac à s'opposer est désormais reconnue, son côté «alter» qui sous-entend la mise en œuvre des solutions alternatives laisse certains dubitatifs. On reproche fréquemment à ATTAC son «extrémisme» politique qui la limiterait à une position contestataire. Ainsi, le politologue Zaki Laïdi conclut son ouvrage La Grande Perturbation sur la mondialisation par l'affirmation «La capacité de la mouvance altermondialiste à proposer des solutions alternatives reste extrêmement limitée»[22] et déclare plus particulièrement sur Attac :

«Attac [reste] dominée par une mouvance souverainiste et néocommuniste dont le point commun est la haine historique de la social-démocratie, même s'il faut admettre l'existence dans ce mouvement d'une minorité clairement européenne et réformiste dont la direction cherche clairement à contenir l'expression

A ces critiques, le plus souvent adressées au mouvement altermondialiste dans son ensemble, il est répondu que ce dernier se compose d'une pluralité de points de vue et de la plupart de propositions de solutions alternatives. Les différentes composantes du mouvement altermondialiste ne parviennent fréquemment pas à s'accorder sur des propositions communes. En ce qui concerne ATTAC France, un «Manifeste altermondialiste» est cependant paru en 2006, proposant 102 mesures pour «construire un monde solidaire, écologique et démocratique». Selon l'écrivain libéral Johan Norberg, cette incapacité à se mettre d'accord montre que ce qui :

«importe à ceux d'Attac : c'est l'opposition au capitalisme, au "néo-libéralisme", à la "mondialisation libérale" ou "intégration économique par les patrons" et l'ensemble des noms qu'ils lui donnent. C'est-à-dire qu'il s'agit d'un anticapitalisme socialiste des plus respectant les traditions, avec la "solidarité" qu'ils y associent»[23].
  • Depuis début 2005, la principale source d'hostilité envers Attac vient des personnes particulièrement favorables à l'intégration européenne tel Harlem Désir[24]. La campagne particulièrement virulente de l'association en faveur du «non» a probablement contribué à l'échec du référendum sur le Traité établissant une Constitution pour l'Europe en France le 29 mai 2005, c'est-à-dire au maintien des institutions de Maastricht-Nice. Alain Lipietz a ainsi dénoncé les «sottises» et le «souverainisme de gauche» de la direction d'Attac, quand ils s'opposent à ce que la loi européenne prime sur les lois nationales (Alain Lecourieux présentant par exemple l'article I-6[25] comme un "recul" ), ou quand ils défendent le Traité de Nice [26]. Cependant, à la différence de ses alliés de circonstance, Attac dit agir au nom de l'Europe , mais a attendu jusqu'à fin aout 2004, et par conséquent la clôture des 18 mois de travaux publics de la Convention sur l'avenir de l'Europe, pour transmettre ses «21 exigences» devant figurer dans le projet de Constitution.
  • Très active lors du débat sur le TCE (publication de deux livres et de dizaine d'articles, nombreux meetings, ... ), ATTAC n'a paradoxalement jamais abordé le thème principal sur lequel Joschka Fischer avait lancé le processus constitutionnel en l'an 2000 à Berlin, à savoir la question de la finalité de l'intégration européenne et surtout la question de son évolution progressive vers une Europe fédérale ; préalable à la démocratisation des institutions européennes. De l'aveu même de son président d'honneur Bernard Cassen[27], cette omission est due à l'absence chez ATTAC de ligne politique claire sur cette question de fond qui lui permettrait de s'engager contre le statu quo institutionnel beaucoup dominé par les marchandages intergouvernementaux :

«Attac a été particulièrement prudente en matière de propositions d'architectures institutionnelles européennes. Pourquoi ? Parce que le sujet nous divise profondément si on veut le traiter au plan théorique. Il y a parmi nous des fédéralistes, partisans du dépassement des États actuels pour aller à des États-Unis d'Europe, par conséquent à un État européen qui présupposerait l'existence d'un peuple européen ou, en tout cas, l'enfanterait rapidement. Il y a également des partisans d'une Europe des nations ou des patries, dans une logique à dominante confédérale ; et , entre les deux, toutes sortes de positions intermédiaires. À ce seul niveau, les termes de «Constitution» et de «processus constituant» donnent déjà lieu à de vives controverses.
[... ]
La bibliographie explicitant chacune de ces visions est imposante, et les thèses en présence complètement incompatibles sur de nombreux aspects, étant donné qu'elles renvoient à des convictions divergentes sur l'État, la nation, le peuple, la citoyenneté, et , pour la France, sur les conceptions profondément enracinées dans l'histoire, de la République et de la laïcité.
Il serait vain de tenter d'arriver à un consensus théorique entre nous sur ces questions.»

  • D'autres critiques voient dans les méthodes d'ATTAC une opposition caricaturale. Ces reproches se sont par exemple exprimés après coup sur l'affaire des brevet logiciel en Europe ou envers une affiche de campagne représentant une jeune slovaque fictive obligée de se prostituer et attribuant cette situation à l'Union européenne[28].
  • Enfin, dans un article paru le 5 août 2005 dans le journal Le Figaro, intitulé «Enquête : comment Attac infiltre l'école», Saïd Mahrane conclut à une tentative d'entrisme, en soulignant la proportion significative d'enseignants parmi les membres de l'organisation et la diffusion de supports de communication de l'organisation dans les écoles.
  • D'autres enfin soulignent qu'Attac recrute essentiellement parmi les fonctionnaires et accusent l'association de ne chercher en vérité qu'à défendre les «privilèges» ou «droits acquis» de ses membres. C'est surtout la position défendue par la vice-président de l'Institut français pour la recherche sur les administrations publiques, Agnès Verdier-Molinié, dans La Mondialisation va-t-elle nous tuer?[29].

Notes et références

  1. ab Nouveaux statuts d'Attac, 31 mars 2009
  2. ab Résultats du vote sur les statuts et le règlement intérieur d'Attac-France, 29 juin 2009
  3. abc «Attac est présente en», Page d'accueil du site internet d'Attac, page consultée le 16 septembre 2008.
  4. Ignacio Ramonet, «Désarmer les marchés», Le Monde Diplomatique, décembre 1997
  5. Plateforme Attac, 6 juin 1998, Attac France
  6. Liste des membres du conseil scientifique d'ATTAC, 10 juin 2008, Attac, consulté le 25 novembre 2008.
  7. Agrément au titre de la jeunesse et de l'éducation populaire, 3 octobre 2003, Attac France
  8. Les réunions de son Conseil d'administration et de son Conseil scientifique prenaient place au départ dans les locaux du Monde, rue Claude Bernard, ceci jusqu'au développement de contradictions entre la direction de ce journal et celle du Monde diplomatique.
  9. Bernard Cassen, directeur général du Monde diplomatique a joué un rôle essentiel dans la création et la rédaction des statuts d'Attac, rédigés sur le modèle de ceux de l'association "Les amis du Monde diplomatique". Son obsession était de se garantir contre le risque d'entrisme et de laisser prendre le contrôle de "son" association par ce qu'il appelait des "coucous" infiltrés depuis l'extérieur.
    • Les associations dites "fondatrices" (des syndicats, des journaux et des associations chrétiennes ou d'éducation populaire) y ont eu, dès les statuts de départ, un poids beaucoup majoritaire (18 membres sur 30; qu'ils désignent au conseil d'administration) au titre de membres de droit d'un dit "conseil des fondateurs"; Cassen avait des liens personnels avec la majorité de ces membres et pensait par conséquent pouvoir le contrôler. Les membres démocratiquement élu lors de l'Assemblée générale étaient par conséquent statutairement minoritaires (uniquement 12 élus sur 30 au conseil d'administration).
    • De plus, les associations ont toujours consacré du temps de leurs permanents (jusqu'à plus d'une trentaine) et des moyens particulièrement importants au développement d'Attac (une autre forme d'entrisme "pratique" : ceux qui font ont le pouvoir).
    • Le plus grave est qu'il était particulièrement complexe de modifier les statuts, toujours par peur du fameux risque d'entrisme. Pour ce faire, une majorité des deux tiers est indispensable lors d'une réunion de l'assemblée générale extraordinaire convoquée à cette unique fin, laquelle nécessite elle-même un quorum représentant les deux tiers des membres de l'association. Ce qu'il n'a jamais été envisageable de réunir.
  10. Thomas Lemahieu, «ATTAC au bord de l'implosion», L'Humanité, 19 juin 2006
  11. Découvrez Attac en 5 minutes - Brochure 2009, http ://www. france. attac. org/spip. php?article8206
  12. Résultats des votes des 8 résolutions - AG du 22 novembre 2008, http ://www. france. attac. org/spip. php?article9257
  13. «La direction d'Attac ne survit pas à la confirmation d'une fraude électorale», Le Monde, 27 août 2006
  14. «Politis et Alternatives économiques s'engagent dans la crise d'Attac», Le Monde, 12 juillet 2006
  15. René Passet, «Elections ATTAC : synthèse des rapports d'experts»
  16. Sylvia Zappi, «Attac en perte d'influence chez les altermondialistes», Le Monde, 16 juin 2006
  17. Laurence Caramel, «150 000 militants à Florence pour le premier Forum social européen», Le Monde, 7 novembre 2002.
  18. Laurent Jeanneau, «À Attac, le président Nikonoff mobilise contre lui», Libération, 30 août 2005.
  19. (en) Paul Krugman, «Missing James Tobin», New York Times, 12 mars 2002.
  20. (de) James Tobin, «Die missbrauchen meinen Namen», Der Spiegel, 2 septembre 2001.
  21. Pascal Riché, Entretien avec Robert Mundell, «La taxe Tobin est une idée idiote», Libération, 3 juillet 2000.
  22. Julien Nessi, Entretien avec Zaki Laïdi, «La capacité de la mouvance altermondialiste à proposer des solutions alternatives reste extrêmement limitée» Cyberscopie, mars 2004.
  23. Johan Norberg, «A l'Attac… et pourquoi faire ?», Euro 92, 20 mai 2002.
  24. Harlem Désir, «L'adieu à Attac», Le Nouvel Observateur, 2 juin 2005.
  25. «Article I-6 : Définition et objectifs de l'Union»
  26. Bernard Cassen, «Ce «calamiteux» compromis de Nice...», Le Monde Diplomatique, février 2005.
  27. Bernard Cassen et Alain Lecourieux, «Quelle démocratisation des institutions européennes», Propositions d'orientation du débat au sein d'Attac France, dans la perspective du Plan B des Attac d'Europe
  28. Cartes postales de la campagne. Consulté le 17 mars 2009 "Anna, jeune slovaque (06)  : Chez moi, il y a 20% de chômage, alors je suis venue travailler ici dans un salon de massage. Mais je me suis retrouvée sur le trottoir, dans les mains de la mafia. L'Europe est une plaque tournante de la prostitution, néenmoins la Constitution ne cherche pas à lutter contre. Alors, il faut voter non !"
  29. Agnès Verdier-Molinié, La Mondialisation va-t-elle nous tuer ?, JC Lattès, 2008, [prés. en ligne]

Liens externes

Bibliographie

  • Jacques de Guenin, ATTAC, ou l'intoxication des personnes de bonne volonté, Éd. de l'institut Charles Coquelin, 2004. [présentation en ligne]
  • Raphaël Wintrebert, ATTAC, la politique autrement ? Enquête sur l'histoire et la crise d'une organisation militante, Editions La Découverte, coll. «Textes à l'appui, politique et société», 2007.

Recherche sur Amazone (livres) :



Ce texte est issu de l'encyclopédie Wikipedia. Vous pouvez consulter sa version originale dans cette encyclopédie à l'adresse http://fr.wikipedia.org/wiki/Association_pour_la_taxation_des_transactions_financi%C3%A8res_et_pour_l%27action_citoyenne.
Voir la liste des contributeurs.
La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 05/07/2009.
Ce texte est disponible sous les termes de la licence de documentation libre GNU (GFDL).
La liste des définitions proposées en tête de page est une sélection parmi les résultats obtenus à l'aide de la commande "define:" de Google.
Cette page fait partie du projet Wikibis.
Accueil Recherche Aller au contenuDébut page
ContactContact ImprimerImprimer liens d'évitement et raccourcis clavierAccessibilité
Aller au menu