Association pour le maintien d'une agriculture paysanne

Une association pour le maintien d'une agriculture paysanne est, en France, un partenariat de proximité entre un groupe de consommateurs et une ferme locale, basé sur un dispositif de distribution hebdomadaire composée des produits de la ferme.



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Économie solidaire - Altermondialisme

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  • AMAP - Association pour le maintien d'une agriculture paysanne... Elles participent au maintien de 66 fermes qui nourrissent plus de 6500 consommateurs.... Cet arrangement, nommé " Teikei " en japonais, se traduit par "mettre le visage... (source : cuverville)
  • Les AMAP ou associations pour le maintien de l'agriculture paysanne reposent sur un partenariat de ... les consommateurs s'engagent à l'avance, pour une saison de production... fondent en 1965 les premiers Teikei («partenariat»).... Notre Association cherche à promouvoir en Narbonnaise des partenariats locaux, ... (source : gralon)
  • Une Association pour le Maintien de l'Agriculture Paysanne est un... Paysans Ecologistes Consommateurs qui accompagne les AMAP dans leur mise en place et ... (source : pagesperso-orange)

Une association pour le maintien d'une agriculture paysanne (AMAP) est , en France, un partenariat de proximité entre un groupe de consommateurs et une ferme locale, basé sur un dispositif de distribution hebdomadaire composée des produits de la ferme. C'est un contrat solidaire, basé sur un engagement financier des consommateurs, qui payent à l'avance la totalité de leur consommation sur une période définie par le type de production et le lieu géographique. Ce dispositif fonctionne par conséquent sur le principe de la confiance et de la responsabilité du consommateur.

Principes

Une AMAP est :

Une telle association est reconnue comme participant de l'économie solidaire, selon les critères suivants :

Le fermier amortit les aléas de l'économie de marché (il a une vision sur plusieurs mois) et garde une indépendance comparé au dispositif de grande distribution ; quant aux consommateurs, ils peuvent directement suivre et influencer le mode de culture (fréquemment biologique ou biodynamique ou agriculture durable).

Les AMAP ont aussi les ambitions suivantes :

Fonctionnement

Le partenariat est assuré par un comité de bénévoles qui participe au fonctionnement de l'AMAP.

Ses rôles sont d'assurer le lien avec le producteur pour la communication et l'information, de rechercher d'autres consommateurs, de prendre les inscriptions, d'organiser la distribution, etc. Ils sont liés par un contrat dans lequel l'agriculteur s'engage à apporter aux consommateurs un panier par semaine de produits à un prix équitable définis en toute transparence, alors que les consommateurs s'engagent en toute connaissance des diverses contraintes à effectuer une permanence à l'accueil de la distribution.

Les Teikei japonais

Un des exemples le plus ancien du concept a émergé dans les années 1960 au Japon. À l'époque, des mères de familles japonaises s'inquiètent de voir l'agriculture s'industrialiser avec un recours massif aux produits chimiques (en 1957, les premières victimes de Minamata, empoisonnées au mercure, sont déclarées). Ces mères fondent alors en 1965 les premiers Teikei (en japonais «le visage du fermier est sur le produit») qui concernent en premier lieu des coopératives laitières. Le principe de fonctionnement est le suivant : en échange de l'achat par souscription de la récolte du paysan, ce dernier s'engage à apporter des aliments cultivés sans produits chimiques.

Un des groupes fondateurs des teikei, le Japan Organic Agriculture Association (JOAA), apparu en 1971, définit le teikei comme «une idée visant à créer un dispositif alternatif de distribution, non dépendant du marché conventionnel. Quoique la forme des teikei varie, c'est tout simplement un dispositif de distribution directe. Pour parvenir à son émergence, les producteurs et les consommateurs ont dû parler et approfondir leur connaissance mutuelle : autant les uns que les autres fournissent du travail et du capital pour pérenniser le dispositif. Le teikei est non seulement une idée pratique mais également une philosophie dynamique pour que les gens pensent une meilleure façon de vivre à travers l'interaction entre producteurs et consommateurs. [2]»

Cependant, actuellement, les consommateurs japonais se sont éloignés de la majorité des TEIKEI de l'origine du fait de la concentration urbaine et se sont groupés en coopératives de consommation qui commercialisent les produits de l'agriculture biologique mais dans lesquelles le producteur n'a plus dans la majorité des cas le contact direct.

Toujours est-il qu'au moment de l'émergence des Teikei dans les années 1960, il n'y a pas eu d'échanges avec l'Amérique ou l'Europe sur ce dispositif. Au Japon, un foyer sur quatre participe à un Teikei (16 millions de personnes en 1993).

Des food guilds suisses aux CSA nord-américains

À la même époque en Suisse, des fermes communautaires appelées food guilds (ou association alimentaire) développent leur propre partenariat avec les consommateurs locaux en leur fournissant chaque semaine des produits frais (légumes, lait, œufs, et fromages).

Aux États-Unis en 1985, un fermier de retour de Suisse après avoir étudié les food guilds rencontre alors Robyn Van Hen, une agricultrice bio du Massachusetts. Avec l'aide d'autres producteurs et de consommateurs, ils fondent la première Community Supported Agriculture à la ferme Indian Line de Robyn. Le concept se répand ensuite rapidement par bouche-à-oreille dans l'ensemble des États-Unis, puis gagne le Canada (ASC). Le concept est un dispositif économique à part entière pour le paysan, et autonome, c'est pourquoi les agriculteurs fondateurs l'ont appelé AMAP.

En 2000, on recensait des CSA dans de nombreux pays : plus de 1 000 en Amérique du Nord, 100 au Royaume-Uni, et aussi en Australie, Danemark, Pays-Bas, Allemagne, Hongrie, Ghana, Nouvelle-Zélande… En 2003, aux États-Unis, 1 500 sont en fonctionnement.

Les AMAP en France

Le principe d'une distribution hebdomadaire de légumes à des réseaux d'adhérents-consommateurs a été introduit en France par les Jardins de Cocagne aux débuts des années 1990 (chantiers d'insertion de personnes en difficulté par le maraîchage biologique). Cependant, les Jardins de Cocagne n'ont rien à voir avec les AMAP : c'est un objectif purement social, il n'y a pas de contrat de saison, pas de préfinancement de la récolte et pas de point de distribution collectif proche des consommateurs.

En 2000, Denise et Daniel Vuillon, couple de maraîchers pratiquant déjà la vente directe et une production biodiversifiée dans l'ouest du Var à Ollioules, rendirent visite à leur fille en stage d'architecture aux États-Unis. En parcourant une rue à Manhattan, Daniel Vuillon aperçut des gens qui s'affairaient autour de gros paniers de légumes sur le parvis d'une petite église. Intrigués, les Vuillon découvrirent alors un groupe de consommateurs de CSA que leur fermier venait de livrer en légumes fraîchement récoltés. Ils rendirent par conséquent visite à ce fermier à une heure de New-York, ils discutèrent de cette expérience, trouvèrent l'idée intéressante et l'étudièrent sur place. Suite à une réunion organisée par ATTAC à Aubagne en février 2001 sur le thème de la «malbouffe», pendant laquelle les Vuillon présentèrent le concept des CSA et ses avantages, des consommateurs furent motivés. Trois réunions se sont tenues. Le 8 avril avait lieu le pique-nique à la ferme qui reste une étape importante dans la création de l'AMAP. Le 17 avril 2001, le premier panier (sur un total de trente-deux) était livré par «Les Olivades» aux consommateurs d'Aubagne. Cette première distribution s'est déroulée sur un parking mis à disposition par une «amapienne».

Estimant le contexte favorable au développement de ce type d'initiative, ces maraichers, membres de la Confédération paysanne du Var, avec d'autres associations, envisagèrent de créer une structure chargée d'accompagner les porteurs de projet AMAP dans la région. Alliance Provence (AP) fut alors fondée le 10 mai 2001, et depuis fin 2007 à peu près 750 AMAP approvisionnent en France à peu près 30 000 familles, soit 90 000 personnes.

En février 2004 se tient à Aubagne le premier colloque mondial des Teikei (Japon), CSA (pays anglophones), AMAP (France), ASC (Québec), etc. Un deuxième colloque mondial se tient ensuite à Palmela (Portugal) en décembre 2005 donnant lieu à la création du réseau mondial URGENCI qui regroupe ces diverses initiatives. Le prochain colloque mondial (28 pays) aura lieu fin janvier 2008 à Aubagne, près de Marseille.

Équivalents internationaux

Ce type d'organisation est présent dans de nombreux pays sous des formes plus ou moins proches. On peut citer :

  • Community Supported Agriculture (CSA) pour les pays anglophones.
  • Agriculture Soutenue par la Communauté (ASC) au Québec
  • Groupes d'Achats Solidaires de l'Agriculture Paysanne (GASAP ou GAS) en Belgique
  • Teikeis au Japon
  • Reciproco au Portugal
  • Pergola-associatie aux Pays-Bas
  • Landwirtschaftsgemeinschaftshof en Allemagne
  • Agriculture Contractuelle de Proximité (ACP) en Suisse

Notes et références

  1. à part quelquefois dans la période de lancement de l'AMAP, tandis qu'on n'a pas encore de données précises
  2. [1] Le site du JOAA

Bibliographie
  • Claire Lamine, Nathalie Perrot, Les AMAP : un nouveau pacte entre producteurs et consommateurs ?, Yves Michel, coll. «Société civile», Paris, 2008 (ISBN 9782913492516)

Cependant, cet ouvrage n'a pas reçu l'agrément des initiateurs historiques du mouvement AMAP en France et semble t il n a pas été validé scientifiquement par une commission officielle de LA RECHERCHE.

Liens externes


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La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 05/07/2009.
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