Décroissance

La décroissance, terme popularisé dans les années 2000, sert à désigner deux concepts différents mais complémentaires ...



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Définitions :

  • préserver l'environnement et la justice sociale par une réduction volontaire des activités économiques telles que mesurées par le PIB.... (source : eeudf)

La décroissance, terme popularisé dans les années 2000, sert à désigner deux concepts différents mais complémentaires :

Le terme décroissance est quelquefois complété par des adjectifs : «décroissance soutenable» ou «décroissance conviviale», plus rarement «décroissance sereine» ou «décroissance supportable».

Origines

Le concept de décroissance trouve son fondement théorique chez différents rédigés et penseurs du XXe siècle. Parmi les pères de la décroissance, on peut trouver le Club de Rome et Nicholas Georgescu-Rœgen sur des aspects théoriques et techniques, mais également Jean Baudrillard, André Gorz et Ivan Illich qui avancent des idées assez proches de celles proposées par des économistes contemporains comme Serge Latouche.

L'intérêt porté par les mouvements décroissants à l'articulation de l'individuel et du collectif, via la démarche de simplicité volontaire surtout, les amènent à trouver dans les rédigés de Gandhi une base théorique à leur réflexion sur la place de chacun dans la société.

Origine des mouvements décroissants

Les mouvements en faveur de la décroissance peuvent trouver comme précurseurs le vieux courant de pensée anti-industriel du XIXe siècle, localisé à la lisière du christianisme et de certaines tendances du socialisme, qui s'est surtout exprimé en Grande-Bretagne à travers John Ruskin et le mouvement Arts & Crafts (1819-1900), aux États-Unis à travers Henry David Thoreau (1817-1862) et en Russie à travers Léon Tolstoï (1828-1911). On pourrait aussi citer comme autres précurseurs envisageables, le luddisme, mouvement de sabotage sélectif de certaines machines, et aussi les premières formes du syndicalisme ouvrier.

Généralement, les mouvements décroissants entendent placer au centre de leurs valeurs celles des courants humanistes, des Lumières[2], et des Droits de l'homme.

La critique de la société de consommation véhiculée par ces mouvements, et l'esprit du mouvement antipub fréquemment proches de la décroissance, peuvent trouver des similitudes sur certains points avec les courants de pensée soixante-huitard, mais aussi certaines thèses de l'Mondiale situationniste. Cette influence n'est cependant pas totale, car les décroissants adaptent le plus souvent une vision plus réformiste que révolutionnaire.

Rapports du Club de Rome

En 1968, le Club de Rome commande à une équipe de chercheurs du Massachusetts Institute of Technology un rapport pour préconiser des solutions pratiques aux problèmes planétaires. Ce rapport publié en 1972, intitulé Limits to Growth (Halte à la croissance ? dans son édition française), est la première étude importante soulignant les dangers écologiques de la croissance économique et en particulier démographique que connaît alors le monde.

Un second rapport intitulé Sortir de l'ère du gaspillage : demain fut publié en 1974.

Ces rapports, aussi connus sous le nom de rapports Meadows, ne sont pas au sens strict des textes fondateurs de la décroissance, car ils défendent uniquement la «croissance zéro» [3]. Ils sont cependant reconnus comme les premières études «officielles» présentant explicitement la croissance économique comme un facteur essentiel de l'aggravation des dérèglements planétaires (pollution, pénuries de matières premières, destruction des écodispositifs), et sont parmi les premiers rédigés qui remettent en cause la croissance.

Thèse de Nicholas Georgescu-Rœgen

Nicholas Georgescu-Rœgen est reconnu comme l'inventeur du concept de décroissance[4] et son principal théoricien[5]. Il publie en 1971 un ouvrage titré The Entropy Law and the Economic Process. En 1979, Jacques Grinevald traduit l'ouvrage sous le titre Demain la décroissance. Entropie, écologie, économie. [6].

Nicholas Georgescu-Rœgen estime que le modèle économique néoclassique est fondé sur le paradigme de la mécanique newtonienne[7] et ne prend pas en compte le principe de la dégradation de l'énergie et de la matière. Il se fonde quant à lui sur le paradigme de la thermodynamique et introduit le principe d'entropie (deuxième principe de la thermodynamique) dans son modèle économique. Il associe aux flux économiques de la matière et de l'énergie qui par le biais des différents processus de production se dégradent de manière irréversible. Par exemple les matières premières utilisées pour la construction des ordinateurs sont fragmentées et disséminées à travers toute la planète et il devient quasiment impossible de reconstituer les minerais d'origine. Quant à l'énergie utilisée pour leur fabrication, elle est dissipée à jamais[8].

Problématiques écologiques et sociales

Le concept de décroissance rencontre un écho important dans le débat public pour différentes raisons, problématiques, et conjonctures :

Le concept de décroissance tente de montrer qu'augmenter constamment la production de biens et services augmente obligatoirement la consommation des ressources naturelles, ne faisant par conséquent qu'accélérer le moment de leur épuisement complet. Il tente de montrer aussi que la dématérialisation de l'économie[16], espérée par les partisans de la croissance, est un leurre.

Pour certains de ses partisans, la décroissance sera, tôt ou tard, imposée par la raréfaction des ressources naturelles, surtout des ressources en énergie (pétrole, gaz, charbon et uranium). Selon Yves Cochet, «On a pas à choisir si on est pour ou contre la décroissance, elle est inéluctable, elle arrivera qu'on le veuille ou non» [17]. La question est par conséquent selon eux de la choisir désormais afin d'enrayer les risques qui peuvent survenir dans un futur assez proches : pénuries, pics de l'énergie ou tensions géopolitique qui pourraient en découler, ou d'attendre que ces évènements arrivent pour la choisir. C'est dans cette logique qu'ils critiquent vivement la classe politique contemporaine qui considère la croissance comme la solution aux problèmes actuels de société, tandis qu'elle en serait la cause.

Présentation

Le concept de «décroissance» naît d'une remise en cause du concept de croissance économique et de l'outil privilégié de sa mesure, le PIB. Les promoteurs du concept de décroissance affirment que la croissance telle que mesurée par le PIB n'est «que quantitative» (par opposition à qualitative), dans la mesure où elle ne mesure que l'augmentation de la production et de la vente de biens et services sans tenir compte du bien-être des populations, de la santé des éco-dispositifs et des équilibres climatiques. Ils privilégient des indices de développement alternatifs tels que l'Indice de développement humain, l'empreinte écologique, l'indice de santé sociale.

Les partisans de la décroissance affirment que ce type de développement économique s'oppose aux «valeurs humaines»[18] et ne tient pas compte du fait que la Terre est limitée autant dans ses ressources naturelles que dans sa capacité à supporter la destruction de son biotope (résilience).

La théorie nommée «bioéconomie» telle qu'exprimée par Nicholas Georgescu-Rœgen dans The Entropy law and the Economic Process (1971) fait partie des fondements de la décroissance, tout comme les critiques de l'industrialisation des années 1950, 60 et 70, comme celle de Günther Anders (L'Obsolescence de l'homme, 1956) et d'Hannah Arendt (Condition de l'homme moderne, 1958), celle du Club de Rome, à travers surtout le rapport Meadows de 1972 qui a pour titre français Halte à la croissance ?, ou encore celle d'Ivan Illich avec La Convivialité (1973).

Critique des catégories de l'économie

Les partisans de la décroissance affirment que la recherche d'une évaluation de l'évolution des richesses, liée autant à des besoins politiques que scientifiques, a conduit les économistes à créer des indicateurs ne prenant en compte que les richesses mesurables, c'est-à-dire les biens et services marchandisables (i. e. pouvant faire l'objet d'une évaluation monétaire). Cependant, les services non marchands sont mesurés dans la comptabilité nationale. Les tenants de la décroissance arguent que la mesure du PIB est une mesure abstraite ne prenant pas en compte le bien-être des populations ni la pérennité des éco-dispositifs.

Les partisans de la décroissance constatent que les modèles économiques actuels ne tiennent compte que des facteurs de production capital et travail, et qu'ils ne prennent pas en compte le facteur terre (ressources naturelles).

En effet, de nombreux éléments de la richesse ne sont pas pris en compte dans la mesure du Produit Intérieur Brut : les ressources naturelles, mais également les loisirs non marchands, les activités sociales et politiques qui représentent des déterminants importants de la qualité de vie perçue, et qui risquent d'être négligés par la trop grande attention portée à l'indicateur partiel qu'est le PIB. Réciproquement, certaines activités sont prises en compte dans la mesure du PIB, qui sont néenmoins le plus souvent perçues comme n'allant pas dans le sens de «l'utilité et la jouissance de l'espèce humaine[19]». L'exemple fréquemment repris dans la littérature sur la décroissance est l'exemple économique classique, critiqué par Frédéric Bastiat dans son sophisme de la vitre cassée, mis en lumière par John Maynard Keynes[20] et repris par Jean Gadrey et Florence Jany-Catrice[21]

De ces décalages entre le concept de richesse et sa représentation par le PIB, il peut résulter des critiques sur les moyens de mesure de la richesse plutôt qu'à la notion de croissance elle-même. Elles ne forment cependant pas l'intégralité des approches discutées dans le cadre de la décroissance puisque d'autres sont fondées sur la critique, à la fois plus radicale et plus générale, de l'invention de l'économie[22]. Une partie de la mouvance de la décroissance propose de «sortir de l'économie»[23] et remet en cause les catégories de base de l'économie : les «besoins», les «ressources», la «rareté», la «valeur», la «richesse», la «pauvreté», l'argent, le salaire, la valeur d'échange, les prix, le pouvoir d'achat, le crédit et l'intérêt, les «lois économiques», etc.

Décroissance et développement durable

La décroissance s'oppose au productivisme économique proposé comme modèle depuis l'ère industrielle [24]. Elle s'oppose par conséquent en partie au développement durable quand il est défini comme nécessitant une croissance durable ou continue des dispositifs de production matérielle et marchande et d'échange de biens et valeurs financières.

Pour les partisans de la décroissance, une société qui consomme encore plus de ressources ne peut pas être respectueuse de l'environnement et sera rapidement confrontée au manque de certaines ressources vitales. Ils estiment que pour être durable et soutenable sur une planète finie, le développement humain devra au contraire pouvoir se passer d'une croissance matérielle perpétuelle, au profit de réponses justes aux besoins matériels et socio-psychiques (incluant la santé et la sécurité affective, individuelle et collective), et au profit d'une croissance partagée de la qualité et du plaisir de vie, du savoir et des cultures. La critique de la croissance passe cependant obligatoirement par une réflexion sur ce qu'est le "progrès", qui comme le "développement", est une vision unidirectionnelle de l'histoire; aussi grossière que l'a été l'évolutionnisme social, théorie qui a prévalu aux temps de la colonisation.

Ce productivisme est , depuis peu, partiellement remis en question par le «développement durable», concept qui est fréquemment vu par les partisans de la décroissance comme un oxymore (une contradiction dans les termes)  : ceux-ci soutiennent qu'avec les déséquilibres qu'il entretient, (20 % de la population planétaire représentent déjà 86 % de la consommation privée[25]), le développement ne peut pas être durable. La croissance économique pourrait cependant être conjuguée avec une diminution des ressources naturelles consommées si l'intensité énergétique diminue plus vite que l'économie ne croît.

Décroissance et pays peu développés

Certains tenants de la décroissance envisagent une croissance pour les zones peu développées et les communautés et individus les plus pauvres, mais considèrent que le processus n'est pas «durable» :

«Effet rebond»

L'«effet rebond», fréquemment utilisé en économie de l'énergie, décrit l'effet d'un progrès d'efficacité de l'utilisation d'une ressource sur sa demande : si l'efficacité d'utilisation augmente d'1%, la consommation diminue dans une proportion bien moindre, et peut même augmenter occasionnellemen. Certains partisans de la décroissance postulent un «effet rebond» systématique : selon eux, tout progrès technique, toute amélioration de productivité, au lieu de diminuer la consommation de matières premières et d'énergie, conduirait au contraire à produire bien plus, par conséquent à consommer davantage, phénomène observé dans le paradoxe de Jevons.

A titre d'exemple, l'avènement de l'informatique et des réseaux dans ses débuts a laissé penser à une disparition envisageable du support papier. En réalité, on en a constaté tout d'abord une augmentation de la consommation[26]. Selon le fabricant de fournitures de bureau Esselte, la demande de papier a progressé de 40% dans les entreprises qui ont instauré un dispositif de courrier électronique, parce que les employés ont tendance à imprimer leurs e-mails avant de les lire. La diminution a d'autre part été compensée par l'essor des pays émergents devenus consommateurs. Cependant, la baisse de tirage des journaux papiers a fini par l'emporter, surtout en Amérique du Nord, et est l'une des causes de la crise papetière de 2005.

Autre exemple : l'industrie automobile. Il est actuellement envisageable de produire des véhicules moins polluants par unité de puissance qu'il y a quelques dizaines d'années ; mais comme leur nombre, leur puissance, leur masse, les kilomètres parcourus, les habitacles climatisés augmentent, la pollution automobile augmente aussi. Le même argument est avancé concernant le recyclage dont l'effet, néenmoins important, ne suffit pas forcément à compenser l'augmentation de production de déchets par habitant[27].

Serge Latouche avance : «les baisses d'impact et de pollution par unité se trouvent toujours anéanties par la multiplication du nombre d'unités vendues et consommées.»[28].

«Effet débond»

Répondant au principe sus-évoqué, l'effet débond, sur le plan individuel, passe par une acceptation d'un mode de vie personnel en harmonie avec une simplicité volontaire : c'est à dire, les gains de productivité doivent être investis en temps gagné pour des loisirs non "consommateurs" de ressources pour la planète, et non pas réinvestis par effet rebond pour accélérer cette consommation.

Les militants de la décroissance proposent donc des solutions qu'ils considèrent pratiques et rationnelles pour diminuerdans la mesure du possible la dépendance au pétrole des sociétés occidentales.

Décroissance soutenable

Le concept de «décroissance soutenable»[29] fait référence au développement durable. Il en reprend l'objectif, qui est de «répondre aux besoins des générations actuelles, sans pour tout autant compromettre la capacité des générations futures à répondre à leurs propres besoins». Les tenants de la «décroissance soutenable» ajoutent que cet objectif ne peut correspondre qu'à une diminution de l'empreinte écologique collective et individuelle dans les situations où le seuil de durabilité est dépassé. Cela conduit à l'obligation politique d'organiser, ou alors d'imposer les changements requis. Le terme «soutenable» traduit alors le souhait que les politiques engagées ne provoquent pas d'effondrement catastrophique de la société.

Décroissance équitable

La décroissance équitable regroupe les objecteurs de croissance qui souhaitent concilier les contraintes environnementales avec le souci de justice sociale par un retour au politique. Ces militants se sont retrouvés en 2006 lors des États Généraux de la décroissance équitable à Lyon. Ils comptent aussi parmi les organisateurs du contre-Grenelle de l'environnement. Ces militants sont fréquemment adeptes du revenu universel inconditionnel et du revenu maximal autorisé. Paul Ariès fait partie des principaux théoriciens de ce courant avec sa proposition de nouveau paradigme de gratuité de l'usage et de renchérissement du mésusage. Ces thèses sont surtout développées dans les journaux La Décroissance et Le Sarkophage.

Acteurs

Les partisans de la décroissance soutenable proposent des démarches d'initiative individuelle (voir par exemple la simplicité volontaire) et des démarches collectives de sensibilisation, surtout en organisant des conférences et des marches.

En France, un Parti pour la décroissance a été créé en 2005[30]. Même s'il faut nuancer les concepts de décroissance et de décroissance soutenable, c'est bien de décroissance soutenable qu'il s'agit[31].

Le parti politique français Les Verts a, depuis 2004, formalisé une position favorable à la notion de décroissance qui s'est étayée depuis, tout en y apportant la notion de «décroissance sélective et équitable»[32].

Une partie du mouvement libertaire reprend à son compte les idées de la décroissance, surtout Jean-Pierre Tertrais dans sa brochure «Du développement à la décroissance» sous-titrée «De l'obligation de sortir de l'impasse suicidaire du capitalisme». De même Alternative libertaire a adopté une motion sur ce sujet à son congrès de 2006 [4]. L'approche libertaire est énormément plus portée sur la volonté de changer radicalement les structures économiques et sociales de la société que de tabler sur des initiatives individuelles ou étatistes. Pour eux, c'est le mécanisme capitaliste de la plus-value qui est à la base de la surproduction et de la destruction des éco-dispositifs[33]. La solution serait de promouvoir une organisation de la société en fédération de communes libres, la pratique de l'autogestion sur les lieux de travail et dans les quartiers mais aussi la relocalisation de l'économie.

En 2007, Alain de Benoist, représentant de la «Nouvelle Droite», a publié le livre Demain la décroissance. Penser l'écologie jusqu'au bout, un essai reprenant l'idée de décroissance. Des tenants français de ce mouvement, venus de la gauche, l'ont fustigé comme une «récupération»[34], d'autres l'ont soutenu[35], ou du moins accepté le débat[36]. Alain de Benoist s'inscrit dans la critique respectant les traditions du progrès et de la modernité ancrée dans un antilibéralisme de droite.

Actions

Les partisans de la décroissance défendent leurs convictions par le biais de certains évènements comme la «journée sans achat» ou des «marches pour la décroissance». Ces marches s'inscrivent, aux yeux de leurs participants, dans la tradition des marches de désobéissance civile comme la marche du sel menée par Mohandas Karamchand Gandhi[37]. Elles sont le plus souvent autogérées et autonomes : aucun véhicule motorisé n'est utilisé pour transporter la nourriture et les tentes. Les objets lourds ou volumineux sont transportés par des ânes, des vélos ou sur des carrioles. Même si l'ensemble des marches ne se réclament pas explicitement de la décroissance, ces événements forment un aspect du militantisme décroissant. Avec la lenteur et la convivialité comme valeurs principales, les «marcheurs de la décroissance» sillonnent les routes et peuvent prendre le temps de s'arrêter pour discuter avec les personnes rencontrées en chemin. Les débats et la transmission des idées se font de personne à personne, plutôt que par l'intermédiaire des médias de masse.

Plusieurs marches se sont tenues depuis 2005[38], rassemblant jusqu'à 500 personnes. Surtout, le 3 juillet 2005, à peu près 500 personnes[39] ont défilé sur 15 km pour demander la suppression du Grand Prix automobile de France de Formule 1, reconnu comme symbole de la société de croissance et de gaspillage des ressources. José Bové, Albert Jacquard, Serge Latouche et François Schneider ont pris la parole sur la place du village de Magny-Cours.

Processus de mise en place

La décroissance n'est pas envisagée comme un projet politique dont l'objectif serait de bâtir une «société de décroissance» qui serait un renversement caricatural régi par le dogme d'une croissance négative. Les objecteurs de croissance décrivent leur projet comme une tout autre organisation dans laquelle le loisir est valorisé à la place du travail, où les relations sociales priment sur la production et la consommation de produits jetables inutiles, ou alors nuisibles[40].

En particulier, le processus de réduction de l'empreinte écologique de l'activité humaine et du niveau de vie des populations des pays les plus développés est pour les tenants de la décroissance rendu inévitable par la raréfaction des ressources et l'augmentation de la population mondiale (phénomènes exogènes). Mais cette question de plus en plus prégnante du partage des ressources et des richesses qui en sont tirées, traduite sur le mode volontariste par la démarche de «simplicité volontaire», n'épuise pas les questions politiques posées par la reconsidération collective du mode de développement actuel.

Si le modèle théorisé par les partisans de la décroissance, passant en grande partie par une relocalisation complète des activités économiques, ne trouve pas encore énormément d'applications à grande échelle, on voit cependant apparaitre des initiatives locales qui s'inscrivent dans une démarche décroissante. On peut citer en exemple les associations pour le maintien d'une agriculture paysanne qui sont une alternative concrète à l'industrie agro-alimentaire et qui illustrent ce que Serge Latouche appelle la «sortie de l'économie»[41], c'est-à-dire la transformation du rapport client-fournisseur en un lien relocalisé de coproduction et de cogestion. Ainsi au sein des AMAP la valorisation des produits (fruits et légumes) ne dépend pas de la loi de l'offre et de la demande. La relation entre le producteur et les adhérents est une relation d'entraide et de soutien qui dépasse le cadre économique du simple rapport marchand[42].

Critiques sur le plan économique

La plupart des écoles de pensée économique estiment que la croissance économique permet la création de richesses, d'emploi, le perfectionnement du niveau de vie, le perfectionnement de l'éducation et des dispositifs de santé et l'allongement de l'espérance de vie. A contrario, la décroissance est reconnue comme devant générer une récession et son corollaire : hausse du chômage, perte de pouvoir d'achat des ménages et violences sociales. Christian Blanc exprime cela par l'expression «la croissance ou le chaos»[43].

L'autorégulation du marché

Les principales théories macroéconomiques[44] estiment que dans une économie de marché, «l'allocation des ressources est guidée par les mécanismes de prix»[45], dispositif d'allocation énormément plus efficace que celui par une autorité centralisée, ce qui veut dire que la production s'oriente dans le sens des prédilections révélées par le dispositif des prix. La recherche du profit pousse à financer des activités qui assurent la perpétuation de la croissance. Le capitalisme permet ainsi l'arbitrage vers des ressources plus abondantes ou vers d'autres biens, et signale par les prix du marché une ressource qui se raréfie. Toute manne financière procurée par la hausse des prix peut être affectée au financement de la recherche de nouvelles sources d'énergie et d'efficacité pour perpétuer la production et diminuer ses coûts. Ainsi le prix du pétrole, soumis à une demande soutenue et une offre limitée augmente, ce qui rend profitable l'exploitation de gisements qu'on avait jusque là ignoré car trop coûteux à exploiter (par exemple : gisement particulièrement profond ou localisé dans une zone sans état de droit) ou la recherche relative à de nouvelles sources d'énergie.

Selon Robert Solow et Joseph Eugene Stiglitz, répondant directement au défi posé par la théorie de Nicholas Georgescu-Rœgen, le capital et le travail peuvent se substituer aux ressources naturelles que ce soit directement ou indirectement dans la production, assurant la pérennité de la croissance ou tout du moins un développement durable[46].

Anti-malthusianisme économique

Certains opposants à la décroissance l'assimilent à une forme de néo-malthusianisme économique[47], ou à une résurgence de formes antérieures du malthusianisme sous-tendant que la croissance est conditionnée par l'exploitation des ressources, les thèses «anti-malthusiennes» prônant au contraire que l'exploitation des ressources dépend du développement économique. Ainsi, l'économiste du développement et géographe Sylvie Brunel considère que le succès de la décroissance et du développement durable participe d'une «résurgence du malthusianisme»[48]. Selon elle , le monde n'est pas près de manquer de ressources, «des réserves de production énormes existent, tout autant en augmentant les rendements [.. ] qu'en étendant les surfaces cultivées [.. ]. La planète est idéalement capable de nourrir une population qui ne doublera plus jamais. Elle est en réalité loin d'avoir atteint sa "capacité de charge"»[49].

Raymond Aron rapporte dans ses Mémoires qu'une partie de la gauche dans les années 1950 accusait les capitalistes de refuser la croissance qui mettrait en danger leur position[50]. [précision nécessaire]

Un problème mal posé

Un des présupposés essentiels de la décroissance est que le monde manquera de matières premières et qu'il faut par conséquent en limiter l'usage. Cette façon de poser le problème est fortement critiquée, par exemple par le Prix Nobel d'économie Robert Solow. Selon lui, se demander quelle quantité de tel ou tel produit nous pouvons nous permettre d'utiliser est «une façon étroite et préjudiciable de poser la question»[51]. Ce qui est important, c'est le capital humain, la capacité des hommes à inventer de nouvelles solutions.

Bjorn Lomborg reprend cette analyse en soulignant aussi la difficulté de se mettre d'accord sur l'importance d'une éventuelle réduction. Quelle que soit cette baisse, les ressources finies s'épuiseront dans le schéma intellectuel de la décroissance. Il réaffirme aussi l'importance du progrès et de l'inventivité de l'esprit humain, accusant les partisans de la décroissance d'irresponsabilité en faisant selon lui l'apologie d'une société primitive. Lomborg rédigé ainsi : «Si notre société, qui a épuisé le pétrole et le charbon, a simultanément mis au point un nombre énorme de connaissances, de capital et de moyens techniques afin d'être en mesure d'utiliser d'autres sources d'énergie à moindre frais, c'est un acte plus responsable que de laisser l'énergie fossile sous la terre telle quelle.»[52]

Le cas des ressources pétrolières

Par le passé, certaines prévisions sur l'épuisement des ressources énergétiques se sont révélées incorrectes. Cécile Philippe de l'Institut économique Molinari rappelle mais aussi, par exemple, dès 1914, le Bureau des mines aux États-Unis estimait que la production future de pétrole était limitée à 5, 7 millions de barils, soit peut-être dix ans de consommation. Elle ajoute aussi, entre autres exemples, que le Rapport Meadows prévoyait en 1972 pour avant la fin du XXe siècle un épuisement de certaines ressources dont la substitution paraissait impossible[53]. À l'inverse des prévisions sur l'épuisement des ressources énergétiques, Daniel Yergin, spécialiste américain de l'énergie, considère que, grâce aux réserves ainsi qu'aux progrès de la technologie, «le monde n'est pas près de manquer de pétrole»[54]. Cependant le géologue Marion King Hubbert, qui a étudié le phénomène du pic pétrolier et a donné son nom au modèle nommé Pic de Hubbert, annonça avec justesse en 1956 que la déplétion pétrolière commencerait en 1970 aux États-Unis[55]. D'autres pays producteurs de pétrole atteignent à leur tour leur pic de production.

Le cas des ressources en métaux

Le géo-chimiste Claude Allègre avance que la problématique d'épuisement des ressources en métaux peut être résolue par le recyclage. Actuellement, 50 % du fer utilisé est recyclé, 90 % du platine et 80 % de l'or[56]. Allègre nomme de ses vœux un développement de ces filières pour l'ensemble des ressources terrestres : «À une économie unidirectionnelle à ressources illimitées (on produit – on utilise – on jette) doit se substituer une économie cyclique à ressources finies.»[57]. Cela dit, les matériaux high-tech produits en masse par les sociétés de croissance reposent sur des ressources et des procédés de fabrication qui ne peuvent se contenter des qualités médiocres des productions issues du recyclage. D'autre part, une conception «orientée recyclage» d'un produit peut en limiter les performances : elle peut être incompatible avec un certain niveau de miniaturisation et d'intégration des composants[58].

Critique tiers-mondiste

Une des principales critiques opposées à la décroissance par ses détracteurs est que les classes bourgeoises des pays développés, sous couvert de protéger l'environnement, souhaiteraient en fait empêcher les pays dits «sous-développées» d'emprunter le même chemin économique que les pays occidentaux. L'économiste du développement et géographe Sylvie Brunel estime mais aussi les mouvements de développement durable et de décroissance sont nés dans l'affolement des années 1970 face à la montée de la population du Tiers Monde. Elle ajoute : «la peur du nombre suscite des prévisions catastrophiques»[59]. Elle considère qu'en est sortie une politique qui a stigmatisé les pauvres, accusés de «dilapider les ressources de la planète»[60]. Claude Allègre considère aussi que la décroissance conduirait à imposer une réduction de la croissance des pays pauvres[61].

Les analyses de Sylvie Brunel ont fait l'objet de critiques de la part de Bertrand Zuindeau, maître de conférence à l'Université Lille I[62], qui rédigé : «l'ouvrage, loin d'apparaître comme une synthèse neutre des différentes conceptions sur le développement durable, forme une contribution engagée» et plus loin : «Les réserves et les interrogations sont par conséquent nombreuses à l'issue de la lecture de ce livre.»[63][précision nécessaire]

Selon les partisans de la décroissance, les critiques se trompent dans la mesure où ils visent les populations riches jugées en état de surconsommation et dont l'opulence est basée sur l'exploitation des ressources des pays pauvres. Cette idée que les «riches détruisent la planète» a fait l'objet d'un ouvrage du journaliste Hervé Kempf[64]. Les décroissants tiennent à rappeler que «20 % de la population mondiale consomme 80 % des richesses de la planète». Un des buts des décroissants est par conséquent de faire «décroître» les pays riches pour que les pays pauvres puissent profiter pleinement de leurs ressources et organiser leurs activités économiques pour régler leurs problèmes d'infrastructures mais en particulier de famine ou d'extrême pauvreté.

Cependant, Sylvie Brunel ou d'autres rappellent que c'est le développement des pays du Nord qui permet, entre autres, de tirer celui des pays du Sud. Faire décroitre les pays développés aurait par conséquent fatalement des conséquences négatives pour les pays en développement qui perdraient des marchés pour exporter leurs matières premières, leurs produits manufacturés et leurs services.

«Croissance propre» et part de l'immatériel

La théorie de la croissance endogène considère que les facteurs humains, la connaissance et l'innovation technologique prennnent le relai d'une croissance basée sur des facteurs matériels.

À la marge, un courant de pensée estime que le XXIe siècle sera celui de la noosphère[65], où la principale ressource sera l'information et la culture. Par exemple les partisans de la société de l'information, considèrent que l'humanité est entrée dans une nouvelle ère technologique, et qu'il est désormais envisageable, grâce à l'informatique ainsi qu'aux télécommunications, de créer de la richesse (i. e. de la croissance) en produisant des services et de l'information. Cette production «immatérielle» est reconnue comme non-polluante. Ce autorise certains penseurs (surtout Joël de Rosnay ou Bernard Benhamou) d'affirmer qu'il est envisageable de générer de la croissance sans produire de déchets.

Cela dit, un réseau utilise des supports matériels (satellites, câbles, actifs réseaux et ordinateurs) et le transit des informations immatérielles a un coût énergétique. Pour les tenants de la décroissance, même s'il existe une richesse immatérielle mesurable et représentant une part importante de la croissance économique des pays développés, la composante matérielle des activités immatérielles ne permet pas à leurs yeux d'envisager que ce type de croissance puisse garantir la prospérité des populations.

Destruction créatrice

Le concept économique de la décroissance est fondé sur l'hypothèse que produire encore plus implique de consommer de plus en plus d'énergie ou de matières premières, tout en diminuant la main-d'œuvre pour la remplacer par des machines. Cette analyse est cependant contestée par certains, qui estiment que la technique et le progrès technologique permettent de produire plus avec moins, y compris dans le domaine des services. C'est qu'on nomme la destruction créatrice, c'est-à-dire le processus de disparition de secteurs d'activité conjointement à la création de nouvelles activités économiques. Cette théorie a été fondée par l'économiste Joseph Schumpeter en 1911, dans son ouvrage Théorie de l'évolution économique : toute innovation technologique importante entraîne un processus de destruction créatrice.

Confiance dans les progrès de la science

Évolution de l'intensité énergétique des grandes économies mondiales depuis 1980

Une forme de critique de la décroissance défend l'idée que le progrès technique résoudra la question des énergies, des déchets et de la raréfaction des matières premières. Elle s'appuie sur l'esprit des lumières pour développer une vision technophile et optimiste de la recherche scientifique. Ainsi, Claude Allègre considère que c'est la croissance qui peut contribuer à résoudre les problèmes écologiques[66] Le Prix Nobel d'économie Amartya Sen développait des idées identiques, déclarant ainsi : «Le développement au fond est un processus de responsabilisation et ce pouvoir est parfois utilisé pour préserver et enrichir l'environnement au lieu de le décimer.»[67].

Ils s'appuient par exemple sur l'évolution de l'intensité énergétique des grandes économies mondiales qui a fortement baissé depuis 20 ans (cf. graphe), quoique plus lentement que la croissance du PIB. A titre d'exemple, les activités de R&D dans le domaine de l'énergie nucléaire pourraient apporter des solutions de substitution face à la probable pénurie de pétrole. À plus long terme, les partisans de la fusion nucléaire prédisent que les réacteurs de type ITER seront des sources d'énergie presque inépuisables et peu polluantes.

L'argument de l'intensité énergétique est affaibli par la stagnation de l'intensité carbonique récemment mise en évidence par les chercheurs du Global Carbon Project[68][précision nécessaire].

L'intensité énergétique est un des facteurs de l'équation de Kaya, qui tend à démontrer, comme l'explique par exemple Jean-Marc Jancovici, que soit la décroissance économique, soit la décroissance de la population sont indispensables pour éviter la catastrophe écologique.

D'autre part, la décroissance implique une baisse globale de la consommation énergétique, ce qui ne contredit pas la recherche d'énergie nouvelles, moins polluantes.

Critique de Georgescu-Rœgen

L'économiste roumain Georgescu-Rœgen a fondé sa «théorie bioéconomique» sur une interprétation de la seconde loi de la thermodynamique pour s'opposer à une croissance matérielle et énergétique infinie, invitant à une décroissance économique. Certains estiment que cette ressemblance contredit l'analyse scientifique des phénomènes d'émergence et de néguentropie qui affectent les dispositifs dynamiques complexes tels que l'organisation sociale humaine[69].

Critique marxiste

Le point de vue marxiste s'oppose au concept de la décroissance, considérant qu'il ne différencie pas entre la croissance d'une production utile pour les êtres humains, et la croissance qui vise simplement à augmenter les bénéfices des entreprises (construire un nouvel hôpital ou un porte-avions militaire provoquent l'ensemble des deux de la croissance).

Les marxistes considèrent mais aussi c'est la nature et le contrôle de la production qui est déterminant, et non pas sa quantité dans l'absolu, et pensent par conséquent que c'est le contrôle et la stratégie de la croissance qui permettront un développement social et écologique.

Cette critique est particulièrement courante parmi les militants de Lutte ouvrière[70], de la Ligue communiste révolutionnaire[réf.  souhaitée] et du PCF[71].

Jean Zin, tout en reconnaissant un «effet pédagogique» à la mise en avant du concept de décroissance et la justesse de sa mise en cause du développement durable, voit dans le courant décroissant «un certain volontarisme parfaitiste» et «une surévaluation du politique tandis que les forces sociales qui seraient nécessaires manquent totalement»[72].

Bibliographie

Ouvrages

Médias

La revue alternative S!lence a publié dès 1993 un premier dossier intitulé «Le temps de la décroissance», puis s'est spécialisée sur cette question et fait paraître de nouveaux dossiers sur cette thématique à peu près 3 à 4 fois par an depuis février 2002. Elle a aussi publié le livre Objectif décroissance en 2003 aux éditions Parangon, ouvrage qui rassemble un très grand nombre d'articles publiés sur le thème de la décroissance dans la revue S!lence (revuesilence. net), et qui a déjà été vendu à plus de 12.000 exemplaires.

D'autres revues sont aussi consacrées à cette thématique : Entropia (revue d'étude théorique et politique de la décroissance) [73], Passerelle Eco[74] ou encore L'Âge de faire. L'association Casseurs de pub édite quant à elle une revue (ex Revue de l'environnement mental) et le journal La Décroissance.

Articles

  • «Les objecteurs de croissance», Le Monde 2, no 110, 25-31 mars 2006, p.  18-25
  • «Décroissance : prise de conscience individuelle et démarche collective» in No pasarán, no 33, octobre 2004.
  • «Décroissance : penser la transition» in S!lence, no 336, juin 2006.
  • «Défaire le développement, refaire le monde», numéro spécial, L'Écologiste no 6, Hiver 2001.
  • «La décroissance est-elle un remède», La Nef, no 187, novembre 2007
  • Dossier «Travailler moins pour vivre mieux», Courrier mondial, no 896, 3 janvier 2008.
  • (en) From limits to growth to degrowth within French green politics. Baris Gencer Baykan, Environmental Politics p.  8° 5887 (2007-06) vol. 16 :no 3, p.  513-517.
  • Dossier «Décroissance et socialisme», Pages de gauche, no 64, février 2008.
  • Geneviève Azam, «Entre croissance et décroissance, réinventer le politique», Mouvements, no 32, mars-avril 2004. [lire en ligne] [pdf]
  • Jacques Grinevald, «Histoire d'un mot. Sur l'origine historique de l'emploi du mot décroissance», Entropia, Parangon, no 1, automne 2006, p.  185-188.
  • Jean-Marie Harribey, «Les théories de la décroissance : enjeux et limites», Cahiers français, Développement et environnement, no 337, mars-avril 2007, p.  20-26.

Filmographie

Liens externes

Notes et références

  1. «Le refus de toute mondialisation est incarné par Serge Latouche» rédigé surtout Isabelle Hannequart in Science et conscience de la mondialisation, L'Harmattan, 2006, p. 95.
  2. Surtout chez Jean-Jacques Rousseau, Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes, 1754
  3. Patrick Piro, rédigé dans un article intitulé En finir avec la religion de la croissance, Politis, 11 décembre 2003 : «Le Club [de Rome] se fait le héraut d'une «croissance zéro», pour mettre un frein à la consommation effrénée de biens, énergie et ressources planétaires qu'engendre l'expansion économique.»
  4. Martin Parker, Valérie Apportéer et Patrick Reedy, The Dictionary of Alternatives : Utopianism and Organization, Zed Books, 2007, p. 69.
  5. «C'est probablement Nicolas Georgescu-Rœgen qui est le maître-penseur de la décroissance. C'est lui qui a incarné le mieux cette pensée radicale et a apporté une identification forte au mouvement de la décroissance» rédigé Beat Bürgenmeier in Economie du développement durable, De Bœck, 2005, p. 21.
  6. «Décoloniser notre imaginaire de croissance ? Ça urge !», sur le site de la commission économique et sociale des Verts, 7 avril 2004.
  7. Dans ses réflexions épistémologiques sur les rapports entre économie et sciences de la nature, Georgescu-Rœgen (cf. La Science économique, première partie) met en évidence l'importance de cette notion d'économie de pensée développée à la du XIXe siècle, et surtout dans son histoire de La Mécanique, par le philosophe des sciences autrichien Ernst Mach, suivi d'ailleurs sur ce point par Karl Pearson.
  8. [pdf] Nicholas Georgescu-Rœgen, La décroissance. Entropie - Écologie - Économie, 1995.
  9. Selon un rapport du Ministère français de l'industrie & de la Direction générale de l'énergie et des matières premières, intitulé «L'industrie pétrolière en 2004», la production pétrolière aura atteint son pic de production et entrera en déclin à partir de 2013. Information relayée par la BBC : «'Peak oil'enters mainstream debate», 10 juin 2005.
  10. «Besoins en énergie et ressources en uranium», discours de Dominique Maillard, directeur général de l'énergie et des matières premières (DGEMP), convention de la SFEN, 13 et 14 juin 2006.
  11. «Uranium : l'abondance au rendez-vous» sur cea. fr.
  12. «Panorama minier 2000 : le charbon», Armand Coumoul, Claude Heinry.
  13. Voir l'article de The Inquirer : «Certains métaux se font rare et les prix grimpent»
  14. Voir par exemple Dominique Belpomme, Ces maladies créées par l'homme : Comment la dégradation de l'environnement met en péril notre santé, Albin Michel, 2004.
  15. (en) Global Footprint Network, site de référence concernant l'empreinte écologique.
  16. La «dématérialisation de l'économie» ([1]) sert à désigner le déplacement de l'économie - tandis que celle-ci continue de croître -, vers un secteur tertiaire qui utiliserait moins de ressources naturelles, et surtout moins d'énergie. Mais si l'«intensité énergétique de l'économie» baisse un peu, on ne peut, selon les décroissants, en espérer trop : [2]
  17. conférence du 22 mai 2008, à Paris [3]
  18. Surtout Serge Latouche, 'La déraison de la raison économique', introduction.
  19. Thomas Robert Malthus, Principes d'économie politique, 1820.
  20. Keynes déclarait ainsi ironiquement : «The government should pay people to dig holes in the ground and then fill them up. [.. ] The point is it dœsn't matter what they do as long as the government is creating jobs».
  21. Ils écrivent de manière imagée que «si un pays rétribuait 10% des gens pour détruire des biens, faire des trous dans les routes, endommager les véhicules, etc., et 10% pour réparer, boucher les trous, etc., il aurait le même PIB qu'un pays où ces 20% d'emplois (dont les effets sur le bien-être s'annulent) seraient consacrés à perfectionner l'espérance de vie en bonne santé, les niveaux d'éducation et la participation aux activités culturelles et de loisir. Jean Gadrey et Florence Jany-Catrice, Les nouveaux indicateurs de richesse, La Découverte, 2005, p. 21.
  22. Serge Latouche, L'invention de l'économie, 2005, Albin Michel
  23. Serge Latouche, Sortir de l'économie, Politis
  24. Reynald Evangelista, agronome et responsable développement durable au sein du groupe Dagris, rédigé dans les Cahiers d'études et de recherches francophones / Agricultures Volume 15, Numéro 1, 123-7, Janvier-Février 2006 : «Les politiques productivistes, qui ont vu le jour avec l'ère industrielle à la fin du XIXe siècle, ont connu leur pleine expansion, dans le monde occidental, à l'issue de la seconde guerre mondiale.»
  25. Selon un rapport du Fonds des Nations Unies pour la population sur l'État de la population mondiale en 2001, Les pays les plus riches du monde, avec 20 % de la population mondiale, représentent 86 % de la consommation privée alors que les 20 % les plus pauvres n'en représentent que 1, 3 %. Un enfant né actuellement dans un pays industrialisé ajoutera plus à la consommation ainsi qu'à la pollution, tout au long de sa vie, que 30 à 50 enfants nés dans les pays en développement. sources : http ://www. un. org/french/pubs/chronique/2002/numero3/0302p35_population_mondiale. html
  26. Dominique Lachenal, «Le papier, un matériau complexe», EFPG, 2004 (VI - L'industrie papetière mondiale, Croissance prévue jusqu'en 2015)
  27. [pdf] Exemples en chiffres au Québec
  28. Serge Latouche, Le pari de la décroissance, Fayard, 2006, p. 49.
  29. Institut d'Études Économiques et Sociales pour la Décroissance Soutenable
  30. decroissance. info - Création du Parti pour la décroissance
  31. La décroissance soutenable est une transformation démocratique conditionnée par le respect des droits humains présentation du parti de la décroissance
  32. La position des Verts vis-à-vis de la décroissance peut être analysée à partir de la lecture de cette page
  33. Face au défi écologique, trois révolutions sont nécessaires, acte du VIIIe congrès d'Alternative libertaire, Agen, octobre 2006.
  34. Ainsi, Paul Ariès a dénoncé Alain de Benoist sur la base de son passé politique, mais aussi sur l'anti-égalitarisme professé selon lui dans le livre (cf. «Demain la décroissance d'Alain de Benoist : un ouvrage dangereux !» La Décroissance, février 2008)
  35. Pour Bernard Langlois, «ce n'est pas parce que certains considèrent Benoist comme le diable que je me priverai de dire du bien de Demain la décroissance, un essai bien intéressant, surtout dans sa dimension philosophique.» (Cf. «Les ponts du potomac», Politis, 30 avril 2008)
  36. Cf. «La Décroissance est-elle réactionnaire ?», Revue du MAUSS, 10 avril 2008
  37. Les références à Ghandi et d'une façon plus générale les réflexions sur la non-violence et désobéissance civile sont omniprésentes lors des marches pour la décroissance, par exemple lors des Ateliers de la marche du Nord-Pas de Calais en 2006.
  38. decroissance. info - En Avant Marches !
  39. Marche pour la décroissance
  40. Serge Latouche, dans Politis le 9 janvier 2003, dans un article intitulé «Sortir de l'économie»
  41. «Sortir de l'économie ça veut dire quoi ?»
  42. Qu'est-ce qu'une AMAP ?
  43. Biographie de Christian Blanc sur premier-ministre. gouv. fr
  44. Denis Clerc, De l'état stationnaire à la décroissance, in L'Économie politique
  45. lexique d'éconoclaste, l'économie pour les nuls et les autres
  46. (en) William D. Sunderlin, Ideology, Social Theory, and the Environment, Rowman & Littlefield Publishers, 2002, p. 154-155.
  47. malthusianisme économique : «Ce terme sert à désigner l'attitude ou des pratiques reposant sur la réduction volontaire de la production.», Dictionnaire d'Économie et de sciences sociales, Hatier, p. 490 («Malthusianisme économique»)
  48. Brunel, 2008, p. 133
  49. Brunel, 2008, p. 134 et 136.
  50. Raymond Aron in Mémoires p. 457 : «Jean Pouillon reprenait la thèse favorite de Jean-Paul Sartre (note de bas de page : il l'avait emprunté à Alfred Sauvy sans bien comprendre la pensée de ce dernier. )  : le malthusianisme des capitalistes français, leur refus de la croissance parce que celle-ci mettrait en péril leur pouvoir et leurs privilèges.»
  51. Solow, Robert M. 1986 “On the intergenerational allocation of natural resources. ” Scandinavian Journal of Economics 88 :141-9.
  52. Bjorn Lomborg, L'écologiste sceptique, Cherche-midi, p. 178
  53. Cécile Philippe, C'est trop tard pour la terre, 2006, Éditions Jean-Claude Lattès, ISBN 2709629194, p. 29.
  54. Le monde n'est pas près de manquer de pétrole : Grand angle avec Daniel Yergin, spécialiste américain de l'énergie, Les Échos, 14 novembre 2007
  55. Jean-Luc Wingert, La Vie après le pétrole, p. 49-51.
  56. Claude Allègre, Ma vérité sur la planète, p. 144.
  57. Claude Allègre, op. cit. , p. 145.
  58. «Les enjeux des nouveaux matériaux métalliques», Christian Hocquard, BRGM, 2005.
  59. Sylvie Brunel, A qui profite le développement durable, Larousse, 2008, p. 42.
  60. Sylvie Brunel, op. cit. , p. 12.
  61. Claude Allègre rédigé : «Aux objecteurs de croissance, Toute limitation de la croissance se fait au détriment des pauvres ! C'est une vision de riches !» dans Le Monde le 8 novembre 2006
  62. Page Bertrand Zuindeau sur le site de l'Université de Lille
  63. Lectures : Sylvie Brunel, 2004, Le développement durable, Paris, PUF, collection Que-sais-je?
  64. Hervé Kempf, Comment les riches détruisent la planète, Seuil, 2007
  65. «…l'avènement de l'homme marque un palier entièrement original, d'une importance identique à ce que fut la naissance de la vie, et qu'on peut définir comme l'établissement sur la planète, d'une sphère pensante, surimposée à la biosphère, la noosphère. En elle , l'immense effort de cérébralisation qui commença sur la terre juvénile va s'achever, en direction de l'organisation collective ou socialisation…» Pierre Teilhard de Chardin
  66. «le programme de décroissance [.. ] tourne le dos au progrès» Claude Allègre, Ma vérité sur la planète, p. 31. Il rédigé ainsi à propos de la décroissance : «Or, c'est précisément le contraire qui est souhaitable pour développer l'écologie. Il faut en faire le moteur d'une croissance vigoureuse, un élément essentiel du progrès économique et social !».
  67. Rapporté par le journaliste S. Kaufman, dans Le Monde du mardi 13 février 2007
  68. Raupach et al., Global and regional drivers of accelerating CO2 emissions, Compte-rendu de l'Académie des Sciences Américaine, 2007, vol. 104, no. 24
  69. Article de Jean Zin dans EcoRev' «Entropie et décroissance», critiquant l'argument entropique de Nicholas Georgescu-Rœgen
  70. Article de Lutte Ouvrière
  71. Croissance, décroissance ou nouveau type de développement, compte-rendu de la Commission territoires - écologie - décentralisation du PCF.
  72. Jean Zin, L'écologie politique à l'ère de l'information, Ere, 2006, p. 68-69.
  73. editions-parangon. com
  74. passerelleco. info

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