Écologie profonde

L'écologie profonde est près de la philosophie noétique apparue il y a peu de temps, qui considère l'humanité comme étant partie intégrante de l'écodispositif planétaire.



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  • Salut les humains ! Chacun d'entre nous cherche sa voie, ... L'écologie profonde est pratiquée dans une quarantaine de pays depuis les années 80.... (source : monde-solidaire)

L'écologie profonde (en anglais : deep ecology, néologisme d'Arne Næss, philosophe norvégien) est près de la philosophie noétique apparue il y a peu de temps, qui considère l'humanité comme étant partie intégrante de l'écodispositif planétaire. Elle attribue plus de valeur aux espèces ainsi qu'aux divers écodispositifs que ne le font les mouvements écologiques classiques, ce qui entraîne le développement d'une éthique environnementale. Alors que l'écologie classique pose la satisfaction des besoins humains comme finalité (anthropocentrisme) et attribue au reste du vivant le statut de «ressource», l'écologie profonde ré-inscrit les finalités humaines dans une perspective plus large, celle du vivant (biocentrisme) pour prendre en compte les besoins de la totalité de la biosphère, surtout des espèces avec lesquelles l'homo sapiens (hommes et femmes) co-évolue depuis des millions d'années.

Historique

Arne Næss invente le terme dans un article fondateur publié pour la première fois en 1973 : «Le mouvement écologique superficiel et le mouvement profond». Næss rejette l'idée que les êtres vivants puissent être classés selon leurs valeurs respectives. A titre d'exemple, le fait de savoir si un animal a une âme, s'il utilise la raison ou s'il a une conscience est fréquemment utilisé pour justifier la position dominante de l'animal Homme sur les autres animaux. Næss affirme que «le droit de toute forme de vie à vivre est un droit universel qui ne peut pas être quantifié. Aucune espèce vivante n'a plus de ce droit spécifique de vivre et de s'étendre qu'une autre espèce». Cette idée métaphysique est soulignée par la phrase de Warwick Fox disant que nous et l'ensemble des autres êtres vivants sommes des «aspects d'une même réalité émergente».

Principes fondamentaux

Les partisans de l'écologie profonde estiment que le monde n'est pas une ressource exploitable à volonté par l'Homme. L'éthique de l'écologie profonde explique qu'un dispositif global (la nature) est supérieur à chacune de ces parties (l'Homme étant une partie de la nature). Cette éthique s'appuie sur les huit postulats suivants[1] :

  1. Le bien-être et l'épanouissement des formes de vie humaines et non-humaines de la Terre ont une valeur en elle-même (synonyme : valeur intrinsèque, valeur inhérente). Ces valeurs sont indépendantes de l'utilité du monde non-humain pour les besoins humains.
  2. La richesse et la diversité des formes de vie contribuent à la réalisation de ces valeurs et sont aussi des valeurs elles-mêmes.
  3. L'Homme n'a pas le droit de diminuer la richesse et la diversité biologique, sauf pour satisfaire des besoins humains vitaux.
  4. L'épanouissement de la vie et des cultures humaines n'est compatible qu'avec une décroissance substantielle de la population humaine. Le développement des formes de vie non-humaines requiert une telle diminution.
  5. L'interférence humaine actuelle avec le monde non-humain est excessive et nuisible, et la situation empire rapidement.
  6. Des politiques doivent par conséquent être changées. Ces politiques affectent les structures économiques, technologiques, et idéologiques principales. Il en résultera une société profondément différente de la nôtre.
  7. Les changements idéologiques passent par l'appréciation d'une bonne qualité de vie plutôt que l'adhésion à des standards de vie encore plus élevés. Il faut prendre conscience de la différence entre "bonne qualité" et "course à un niveau de vie extrêmement élevé" (qui serait néfaste à la nature).
  8. Ceux qui souscrivent aux points qui ont précédé s'engagent à essayer de mettre en application directement ou indirectement les changements nécessaires.

Influences

Auteurs influents dans cette mouvance : Martin Heidegger pour toute son œuvre, Lynn White JR sur le rôle du christianisme dans la naissance en Europe d'une mentalité de colon-exploiteur à l'égard de la nature, Aldo Leopold, Robert Hainard pour son œuvre d'artiste, de philosophe et de naturaliste, Arne Næss, Eugen Drewermann sur le judaïsme dans notre rapport utilitaire au monde, Edward Goldsmith pour la totalité de son œuvre, Alexis de Tocqueville pour son œuvre, Vladimir Vernadsky pour son intuition précoce du concept de Biosphère, François Terrasson pour son œuvre naturaliste et éducatrice, Rudolf Bahro et son concept de «mégamachine», Theodor Kasczinsky (Unabomber) sur sa critique de la «démonie technicienne», James Lovelock pour son hypothèse Gaïa, Claude Lévi-Strauss pour son œuvre entière, Nicholas Georgescu-Rœgen pour sa bio-économie, Serge Latouche et le MAUSS, Robert Jaulin pour son action militante et son œuvre, Louis Dumont pour ses travaux comparatifs sur les sociétés «chaudes» et les sociétés «froides», Karl Polanyi pour la "Grande Transformation", Joanna Macy et toujours de nombreux autres :

Littérature classique : Jean Giono, Alfred de Vigny,

Science-Fiction : René Barjavel (Ravage), Karen Traviss (Les Guerres Wess'har‎), Kim Stanley Robinson (La Trilogie de Mars)

Concrètement, l'écologie profonde souhaite une décroissance des l'impacts négatifs des activités humaines dans la biosphère. Certains extrémistes valorisent le redéploiement de la vie sauvage, une diminution substantielle de la population humaine et une «révolution culturelle biotiste» qui transformera notre vision du monde. De façon plus modéré, les individus qui comprennent l'écologie profonde appliquent les savoirs correspondants à l'écologie de l'espèce.

Écologie profonde aujourd'hui

En France, les influences de l'écologie profonde sont surtout «visibles» dans les milieux naturalistes (LPO, Robin des Bois, etc. ), les organisations de luttes pour la défense des animaux (LAV, etc. ) et plus toujours au sein des groupes français proches de l'organisation Earth First!, de l'équipe éditoriale de la revue Recours aux forêts de Laurent Ozon et du Wildnis Club.

Voir aussi

Bibliographie

Références

  1. Devall et Sessions, op. cit. , p. 70.

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