Mondialisation économique

Cet article est conçu pour reprendre et préciser les aspects économiques et financiers de l'article Mondialisation lequel est axé plus largementsur les différentes dimensions du phénomène.



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Cet article est conçu pour reprendre et préciser les aspects économiques et financiers de l'article Mondialisation lequel est axé plus largementsur les différentes dimensions du phénomène.

La mondialisation économique concerne la totalité des échanges économiques devenus mondiaux :

Certains de ces échanges peuvent former des marchés mondiaux.

Le terme mondialisation est quelquefois pris comme synonyme de l'anglicisme globalisation, tandis qu'il faudrait plutôt se référer dans ce cas à la locution «market globalisation» ou «corporate globalisation».

En France, la notion est fortement connotée de libéralisme, au sens de "Libéralisation mondiale".

À titre de première approche, cet article mettra l'accent sur l'historique du processus.

Les étapes de la mondialisation du XXe siècle sur le plan économique

Issue d'un processus historique (voir l'article mondialisation), la mondialisation économique contemporaine est apparue en trois étapes, qui tendent en fait à se chevaucher :

Mondialisation des flux commerciaux et financiers

Les différentes périodes de mondialisation économique (des Foires de Champagne à la mondialisation libérale actuelle, en passant par la Route de la soie) présentent des points communs du développement du commerce mondial sous l'effet :

Dans la période contemporaine, le commerce mondial a évolué dans un sens de spécialisation géographique qui a développé les flux commerciaux entre pays. C'est ainsi que :

Dans le même temps, un fort développement des marchés financiers, avec en parallèle une libération des changes, a créé un large dispositif de financement des opérations de commerce et d'investissement au niveau mondial.

Implantations à l'mondial

L'implantation des entreprises à l'mondial se développe dans un doubl'objectif :

«Globalisation» de l'économie

Voir aussi Avantage comparatif

Résultat de l'mondialisation des flux économiques et financiers par l'implantation à l'mondial grâce à la révolution technologique, la globalisation de l'économie est illustrée par les firmes transnationales (FTN), nommées couramment multinationales dites mondiales ou globales (aussi nommées FMN pour Firmes Multi Nationales), et marque une nouvelle étape dans l'histoire du capitalisme.

Dans le même temps, des capitaux circulent par milliards d'un pays à l'autre, en raison d'une particulièrement grande facilité de communication procurée par les technologies de l'information. Cela crée des opportunités spéculatives pouvant être source de déstabilisation financière (voir crise financière).


Développement de l'économie de la connaissance

En parallèle, une certaine saturation de l'économie de type industriel issue des siècles qui ont précédé (on parle ainsi d'économie post-industrielle), fait que l'information sous forme électronique (informatique), l'économie de la connaissance, les services, l'organisation et la gestion financière tendent à prendre le pas, en termes de poids économique, sur la production de biens matériels, dans les pays dits développés.

Ces phénomènes sont indirectement liés à la mondialisation, et sont un volet concomitant du schéma de développement économique contemporain. Le développement du commerce électronique (B2B…) sur le Web en est l'expression la plus manifeste (voir infra). L'économie devient extrêmement volatile, les flux entre partenaires pouvant être réalisés en quelques fractions de secondes à l'échelle mondiale.

Spécialisation des productions à l'échelle mondiale

Les évolutions récentes des échanges internationaux amènent à envisager des répartitions assez nettes des différents types de production :

Cette vision particulièrement simplifiée est contestable ; les particularismes régionaux et les coûts de transport font que les spécialisations des zones resteront incomplètes.

Dans la «lutte» entre pays développés pour accueillir les principaux centres de recherche interviennent différentes politiques des états. L'Union européenne, en légère perte de vitesse face aux États-Unis, a mis en place la stratégie de Lisbonne. La stratégie américaine s'appuie sur une concentration des moyens de recherche et sur une politique de prédominance dans les technologies de l'information.

Aspects institutionnels

La diminution des pouvoirs des institutions nationales face à une économie devenue mondiale a conduit à monter des organisations multilatérales et mondiales.

Organisations mondiales

Parmi ces organisations, on peut citer essentiellement :

Développement des échanges commerciaux

Ces institutions sont chargées d'étendre les possibilités d'échanges entre pays à la majorité des transactions, dans un souci de croissance économique, d'équilibre des flux, et de concurrence non biaisée. Elles tentent de réglementer le commerce mondial par voie de traités multilatéraux d'abaissement ou d'élévation réciproques des barrières douanières, et plus il y a peu de temps, suite aux critiques des altermondialistes, elles accompagnent cette action d'aide au développement économique.

Elles prennent désormais en compte, au moins en partie, des aspects sociaux et environnementaux (voir développement durable sur les aspects généraux, et responsabilité sociétale des entreprises sur les points intéressant directement les entreprises).

Ces institutions définissent des traités internationaux, qui s'imposent à la Communauté européenne, et s'introduisent dans le droit communautaire par les livres verts, livres blancs et autres directives. Le droit d'initiative de la Commission est en fait particulièrement réduit du fait de l'obligation qui lui est faite d'appliquer les traités internationaux.

Technologies de l'information et commerce électronique

Une mention spécifique doit être faite au commerce électronique. Ce dernier est régi par la spécification technique ebXML. Un organisme des Nations unies, UN/CEFACT, est chargé de développer, d'approuver et de maintenir les contenus d'affaires conformes à ebXML.

La Chine a adopté ebXML comme standard national de commerce électronique.

À la différence des États-Unis, qui gérent des registres de métadonnées pour les fonctions régaliennes (voir registres de métadonnées aux États-Unis), l'Union européenne ne tient pas, en dehors de l'agence européenne de l'environnement (liée au projet américain XMDR), de registre de métadonnées. La spécification technique ebXML se présente par conséquent dans l'Union européenne comme l'unique standard définissant le cadre européen d'interopérabilité informatique.

Or, il existe un autre standard d'interopérabilité (Dublin Core) qui sert de référentiel pour des registres de métadonnées gouvernementaux (informations d'autorité). Toute mise en œuvre de métadonnées employant le Dublin Core nécessite de mettre en place des règles de gestion des enregistrements par des autorités (du type ISO 11179). Ceci n'est pas forcément réalisé.

Conséquences de la mondialisation économique

L'évaluation des conséquences de la mondialisation économique comprend plusieurs volets, particulièrement contrastés selon la richesse du pays reconnu. En effet elle a permis à de nombreux pays d'ouvrir leurs frontières et de permettre le commerce mondial.

Environnement

En 1993, dans le cadre du débat sur l'Alena (Accord de libre-échange nord-américain), M. Grossman et A. Krueger ont tenté de décrire les effets de la mondialisation économique sur l'environnement. Ses auteurs ont distingué trois effets principaux de l'mondialisation des échanges.

  • Un effet de composition lié à la spécialisation des pays permet selon eux une meilleure utilisation des ressources naturelles, ce qui doit être favorable à l'environnement.
  • Le second effet, dit effet d'échelle, est lié à l'accroissement de la production, qui selon la théorie du libre-échange découle du commerce mondial. Il est par conséquent nuisible à l'environnement comme effet de la croissance économique.
  • Mais selon ces auteurs, un effet technique de la mondialisation vient contrebalancer cette nuisance : la libéralisation permet des transferts de technologies favorables à l'environnement ainsi qu'une hausse des revenus des habitants qui deviendraient alors plus stricts en matière environnementale.

Cependant, d'autres auteurs pensent que les transferts de technologie correspondent à une substitution de capital naturel par un capital de connaissances (durabilité faible).

Pays riches

Pour les pays riches, la mondialisation économique comporte deux bénéfices essentiels. Le premier profite au consommateur, qui a accès à un éventail plus large de biens (diversité) à un prix plus faible que s'ils étaient fabriqués dans le pays même. Quantitativement, cet effet est énorme, et peut être appréhendé en additionnant les gains des consommateurs à l'achat de produits textiles chinois. Le second bénéfice profite aux détenteurs du capital, qui obtiennent un meilleur rendement de leurs capitaux.

Les pays riches souffrent par contre de la délocalisation de leurs industries intensives en main-d'œuvre peu qualifiée, mais aussi de la concurrence accrue entre pays riches eux-mêmes. Quantitativement peu importants, ces effets posent cependant des problèmes du fait qu'ils sont situés, touchant spécifiquement certains individus ou certaines régions, tandis que les gains sont répartis sur la totalité de la population.

Les études quantitatives économétriques tentant d'évaluer ces deux aspects arrivent toutes à la conclusion que les gains des pays riches à la division mondiale du travail sont supérieurs aux pertes (délocalisations, désindustrialisation) par plusieurs ordres de grandeur. Le problème des pays riches face à la mondialisation économique serait par conséquent avant tout un problème de répartition de gains pour pouvoir indemniser les perdants en leur accordant une part des gains proportionnée à leur perte.

La mondialisation économique incite aussi les pays riches à se faire concurrence en matière de réglementation, de protection sociale, de fiscalité et d'éducation. Le bilan de cette concurrence est aujourd'hui impossible à établir. Pour les uns, elle conduit à un moins-disant dans l'ensemble des domaines, alors que pour les autres elle met en évidence les inefficacités des différents modèles sociaux (voir : Dumping social).

Nouveaux pays industrialisés (NPI)

Jusqu'à la crise asiatique, les nouveaux pays industrialisés semblaient les grands gagnants de la mondialisation économique. Profitant d'une main-d'œuvre qualifiée ainsi qu'à faible coût, ils ont bénéficié d'investissements particulièrement importants en provenance des pays riches, ce qui leur a permis de construire une économie moderne et un dispositif de formation solide, de sortir de la pauvreté. La crise asiatique a cependant montré l'étendue de leur dépendance à l'égard de marchés financiers prompts à l'emballement spéculatif comme à la panique.

Le bilan de la mondialisation économique pour ces pays est ainsi particulièrement contrasté, avec d'un côté des pays, comme la Corée ou Taïwan définitivement classés parmi les pays riches, d'autres, comme la Thaïlande et les Philippines, qui ont du mal à se remettre de la volatilité des investissements, et d'autres enfin qui bénéficient particulièrement beaucoup de la mondialisation au niveau du pays, mais avec une répartition particulièrement inégale de ces gains (Brésil, Mexique, Chine).

Pays pauvres

Au niveau économique, les pays les plus pauvres restent beaucoup en dehors du processus de mondialisation. Le consensus de Washington requiert des institutions stables et un niveau de développement humain (santé, éducation) que ne présentent pas la majorité de ces pays. Leur ressource économique principale, l'agriculture, reste dominée par les stratégies protectionnistes des pays riches, sauf pour les cultures propres aux pays pauvres.

Voir aussi

  • J. Adda, La Mondialisation de l'économie, 2 vol., La Découverte, Repères, Paris, 1996.
  • Suzanne Berger, Notre première mondialisation, Seuil, 2003, ISBN 2020579219
  • Suzanne Berger, Made in monde, Les nouvelles frontières de l'économie mondiale, Seuil, 2006, ISBN 2020852969
  • Nayan Chanda, Qu'est-ce que la mondialisation ?, [lire en ligne]
  • Daniel Cohen, La Mondialisation et ses ennemis, Paris, Grasset, 2004
  • Jacques Fontanel, La Globalisation en "analyse" - Géoéconomie et stratégie des acteurs, L'Harmattan, 2005
  • Jacques Lévy, Patrick Poncet, Dominique Andrieu, Boris Beaude, René-Éric Dagorn, Marc Dumont, Karine Hurel, Alain Jarne, Blandine Ripert, Mathis Stock, Olivier Vilaça, L'invention du Monde. Une géographie de la mondialisation. , Presses de Sciences-po, 2008, (ISBN 9782724610413)
  • Philippe Moreau Defarges, La mondialisation, Que sais-je ?, 128p, 2005, ISBN 2130552595
  • Johan Norberg, Plaidoyer pour la mondialisation capitaliste, Plon, 2004, (ISBN 2259200095)
  • Erik Orsenna, Voyage au pays du coton
  • Ducobu, Yung-Do, "Mondialisation des Etats et Banques Multinationales : acteurs, stratégies, régulation", Academia-Bruylant, Louvain-La-Neuve, Belgique, 2005.

Z. Brzezinsky in «Between two ages : America's role in the technotronic». 1970.

Estulin D., 2008 in «La véritable histoire des Bilderbergers» Edit. Nle Terre.

Stutton «Wall street and the Bolchevic Revolution» 1974.

M. Marzano 2008 “ Extension du domaine de la manipulation de l'entreprise à la vie privée” 282p.

Robert Y. Lindingre, L. Astier «L'affaire des affaires» 2008.

Bibliographie

Un siècle d'économie, Les Échos, Calmann-Lévy. Le Choc des Économies, Raoul et Laurent Chabot (Éditions Ellipses, 2007)

Recherche sur Amazone (livres) :



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