Nouvel ordre mondial

Le nouvel ordre mondial est le nom donné à une vision du monde de l'après- guerre froide immédiat et de la période de l'histoire entamée au tournant de la dernière décennie du XX e siècle, juste après l'effondrement de l'Union Soviétique.



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Le nouvel ordre mondial («new world order») est le nom donné à une vision du monde de l'après-guerre froide immédiat et de la période de l'histoire entamée au tournant de la dernière décennie du XXe siècle, juste après l'effondrement de l'Union Soviétique. L'expression a été utilisée lors d'un discours prononcé au Congrès américain le 6 mars 1991 par le président George H. W. Bush puis régulièrement reprise. L'expression «nouvel ordre mondial» sert à désigner par définition l'alignement idéologique et politique des gouvernements et organismes mondiaux, en opposition à l'ancien ordre mondial ; les choix et idées des dirigeants mondiaux d'avant les derniers grands changements, avant la dernière grande guerre par exemple. L'ordre mondial est un concept plus ou moins fixe, qui est en constant changement. L'ancien ordre mondial a déjà été nouveau, tout comme l'actuel vieillira.

Définition

Le nouvel ordre mondial est défini par sa tendance unipolaire (après cinquante ans de bipolarité, incarnée par l'opposition entre le monde occidental et le bloc soviétique), un fort interventionnisme mondial au nom des Droits de l'homme, et le projet d'un gouvernement mondial.

Pour certains, c'est une volonté d'expansion de tout ce qui, schématiquement, définissait le modèle américain au cours de la Guerre froide, surtout la démocratie et l'économie de marché. Mais selon d'autres, comme Lawrence Patton McDonald, c'est une fusion entre le capitalisme et le communisme tel que pratiqué en Russie[1].

La question des démocraties à travers le monde a été abordée dans un rapport de la Commission Trilatérale de 1975 intitulé The Crisis of Democracy[2]. Selon ce rapport, la rationalité des Européens «nécessite un recours à la manipulation, au compromis et même à la cœrcition pour arriver à une décision»[3]. D'autre part, le sentiment d'aliénation des citoyens mais aussi l'action des intellectuels ayant une valeur menacent ce dispositif de gouvernance, qui impliquerait un retour à la dictature telle qu'elle est pratiquée dans les pays non démocratiques. Recourir à la manipulation de l'opinion, que ce soit dans les dictatures et les démocraties, n'est en fait pas nouveau.

Depuis 2007 et avec le prolongement de la crise financière et la crise alimentaire, un nouvel ordre mondial est présenté comme la solution aux problèmes de la planète. Selon José Manuel Barrosso, c'est une opportunité qu'il faut saisir étant donné qu'il y a une plus grande plasticité grâce à la crise et que l'esprit des gens est plus ouvert au changement[4].

Théorie de l'empire global

Les tenants de la théorie de l'empire global considèrent les événements politico-économiques internationaux survenus depuis 1989 comme témoins de la transition de l'humanité vers un «empire global», qui tout d'abord correspondrait à un ordre mondial polarisé autour d'une seule puissance. À terme, les États se fondraient dans un gouvernement mondial qui, par définition, n'aurait pas de frontière.

Cette théorie est étayée par les rédigés de Zbigniew Brzezinski, un membre du Council on Foreign Relations, un influent think-tank américain qui occupe de nombreux postes-clés dans le gouvernement. Selon ce dernier, pour maintenir leur hégémonie, les États-Unis devront s'allier avec l'Europe pour contrôler l'Asie centrale, surtout face à la Chine qui s'intéresse aussi aux ressources de cette zone. D'autre part, il explique qu'il n'est pas envisageable d'arriver à un consensus mondial, sauf dans le cas de la «vision d'une menace extérieure directe et massive»[5].

La thèse d'une nation dominant le monde a été soutenue par Francis Fukuyama. Elle est contestée par d'autres thèses qui, au lieu d'une unipolarité, définissent le monde comme étant plutôt «multipolaire», la Chine et l'Inde étant aussi des pôles majeurs, qui ne sont pas forcément pris en compte par les partisans de la théorie de l'empire global. Les objections reposent aussi sur l'opinion selon laquelle les États-Unis forment une puissance en déclin (Après l'empire de Emmanuel Todd, etc. ). Cependant, l'évolution générale du monde se définit par l'apparition de grands pôles politico-économiques comme l'Union européenne, l'UNASUR (Amérique du Sud), l'Union Nord-américaine, la Communauté économique eurasiatique (CEEA) etc. La totalité doit former l'architecture générale d'une gouvernance mondiale pourvue d'une monnaie planétaire. Les ouvrages de Pierre Hillard La marche irrésistible du nouvel ordre mondial et La Fondation Bertelsmann et la gouvernance mondiale décrivent avec précision cette évolution.

Finance et nouvel ordre mondial

David Rockefeller dans son ouvrage Mémoires[6], a rédigé que lui-même et sa famille ont travaillé contre l'intérêt des États-Unis. Il a d'autre part expliqué que l'objectif était de construire une souveraineté supranationale d'une élite intellectuelle et de banquiers mondiaux.

John Maynard Keynes, principal représentant du Commonwealth lors des discussions autour de la création du dispositif de Bretton Woods a insisté pour la création d'une Banque de règlement mondiale, sans succès. Une telle banque aurait eu la prérogative d'émettre une monnaie mondiale nommée le «bancor», mais aussi de financer une autorité de gouvernance supranationale[7].

Thèses conspirationnistes

Il existe plusieurs théories du complot articulées autour de la théorie du nouvel ordre mondial (dans lesquelles ce dernier est fréquemment évoqué sous l'acronyme NWO (NOM en français). Elles possèdent toutes un noyau commun, selon lequel l'empire global est un projet de longue date et que l'ensemble des événements mondiaux survenus au moins depuis l'apparition du communisme ont été orchestrés par un groupe d'individus agissant dans l'ombre de l'Histoire et porteurs d'un projet totalitaire.

Certains groupes du monde des affaires, du fait de leur grande discrétion et de leur pouvoir financier, sont désignés par certains comme étant le «cerveau» derrière le projet secret de contrôle du monde.

Selon les théories, les acteurs essentiels seraient :

Fausses données

Parmi les informations (textes, vidéos etc... ) concernant le nouvel ordre mondial, certaines sont des canulars qui discréditent toute analyse critique des événements. Il y a surtout :

Franc-maçonnerie et nouvel ordre mondial

La franc-maçonnerie a une structure pyramidale dans laquelle les personnes des niveaux inférieurs ne savent rien de ce qu'il se passe aux niveaux supérieurs (principe de révélations successives). Par contre, l'ensemble des francs-maçons connaissent les valeurs affichées qui sont celles de l'humanisme. L'implication éventuelle de la franc-maçonnerie dans un nouvel ordre mondial est par conséquent complexe.

Émile Flourens, ministre français des Affaires étrangères, dénonça les prémisses de la création de la Société des nations et de la Cour permanente de justice mondiale dans un ouvrage[10], signalant les influences maçonniques pour créer un gouvernement mondial, une justice mondiale et une religion globale dans un nouvel ordre mondial d'où le papisme serait exclu[11]. Il émit l'hypothèse que les cercles maçonniques désiraient éliminer le droit à l'autodétermination des peuples pour le remplacer par le droit mondial[12]. Cependant, aujourd'hui, ni l'un ni l'autre ne sont respectés, comme en témoignent les habituelles violations des droits de l'homme et l'idéologie de la guerre préventive.

Quant à Gary H. Kah, il considère que la franc-maçonnerie est la force derrière l'agenda pour un Nouvel Ordre Mondial et un gouvernement mondial unique[13].

Socialisme et nouvel ordre mondial

William F. Jasper, un membre de la John Birch Society, dénonça l'appartenance socialiste ou marxiste de chaque secrétaire général des nations unies, dénonçant une future dictature mondiale[14]. Une théorie qui se rapproche de celles de John Coleman[15].

Larry McDonald, aussi membre de la John Birch Society, affirma en 1983 qu'il y a eu un transfert de fonds et de technologie vers l'URSS[16], qui a eu pour effet de maintenir un ennemi et l'activité du complexe militaro-industriel. C'était par conséquent au cours de la guerre froide. Il expliqua que des élites des États-Unis voulaient créer un gouvernement mondial de tendance socialiste.

Dans les médias altermondialistes

Outre les conceptions géopolitiques et les démarches de périodisation historique, l'expression «nouvel ordre mondial» est quelquefois employée par certains altermondialistes pour faire référence à l'ordre mondial actuel, caractérisé par la mondialisation économique et par la «pensée unique» libérale. La journaliste canadienne Naomi Klein a rédigé La Stratégie du choc, livre selon lequel les capitalistes profitent des chocs subis par les populations pour imposer des réformes ultra-libérales.

Ces thèmes sont développés surtout dans les textes de l'altermondialiste et rappeuse Keny Arkana («Nouvel Ordre Officieux, terrorisme Officiel !» contre lequel elle nomme à la «désobéissance civile»[17]), aussi co-fondatrice du collectif La Rage Du Peuple qui a illustré ces expressions à travers le clip La Rage, diffusé sur Internet en mai 2006.

Voir aussi

Expressions exprimant une idée de nouveauté dans les formules de la diplomatie américaine :

Bibliographie

Notes et références

  1. Tom Braden, Pat Buchanan, Crossfire, CNN, 1983
  2. The Crisis of Democracy
  3. The Crisis of Democracy, Commission Trilatérale, page 51
  4. Intervention de José Manuel Barroso[1], 21 octobre 2008, Parlement Européen
  5. Zbigniew Brzezinski, Le Grand Échiquier, Hachette, 1997
  6. Mémoires, Fallois, 12 avril 2006, 607 pages, (ISBN 2877065871)
  7. D. Moggridge, «Proposals for an Mondial Currency Union (Second Draft, November 18, 1941) », Collected Writings of John Maynard Keynes, Vol. XXV, p. 42-66, éd. Mac Millan, 1980
  8. Vidéo intitulée Discours de Kennedy avant sa mort
  9. President John F., Kennedy, The President and the Press : Address before the American Newspaper Publishers Association, 27 avril 1961
  10. Émile Flourens, Un fiasco maçonnique à l'aurore du vingtième siècle de l'ère chrétienne, (1912), Texte en ligne
  11. Émile Flourens, Un fiasco maçonnique à l'aurore du vingtième siècle de l'ère chrétienne, p. 33, (1912), Texte en ligne
  12. Émile Flourens, Un fiasco maçonnique à l'aurore du vingtième siècle de l'ère chrétienne, p. 55, (1912), Texte en ligne
  13. Gary H. Kah, En Route to Global Occupation, Huntington House Publishers, décembre 1996
  14. William F. Jasper, Global Tyranny... Step by Step : The United Nations and the Emerging New World Order, 1992 Texte en ligne en anglais
  15. John Coleman, One World Order : Socialist Dictatorship (ancien titre Socialism : The Road To Slavery)
  16. Larry McDonald à l'émission Crossfire en 1983 avec Pat Buchanan et Thomas Braden
  17. (cf. piste Réveillez-vous)

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