Polémiques autour de l'altermondialisation

Cet article résume les polémiques concernant l'altermondialisation.



Catégories :

Altermondialisme

Recherche sur Google Images :


Source image : fr.wikipedia.org
Cette image est un résultat de recherche de Google Image. Elle est peut-être réduite par rapport à l'originale et/ou protégée par des droits d'auteur.

Page(s) en rapport avec ce sujet :

  • ... Le mouvement prend racine au début des années 80 dans les pays du Sud avec... Ils sont par exemple le plus souvent favorables à l'établissement de .... quoiqu'autour de polémiques (développement durable, ou décroissance soutenable ?... Complice de l'altermondialisme, le mouvement anti-mondialisation... (source : fra.anarchopedia)

Cet article résume les polémiques concernant l'altermondialisation.

Critique de l'altermondialisme

L'altermondialisme fait face à diverses critiques tant sur les principes qu'il affiche que sur son bilan.

Le doute sur l'aspect démocratique

L'altermondialisme se présente comme visant la démocratie au niveau mondial, cependant cette valeur passe après diverses préalables, tels qu'un certain identiqueitarisme social par exemple et une orientation économique déterminée. Quoique se disant favorable à la mondialisation démocratique, la vision alter est plutôt celle d'une démocratie sous condition d'acceptation d'un programme. D'ailleurs aucun processus précis pour une démocratisation du monde n'est présenté, à part de vagues intentions concernant par exemple l'OMC. Des doutes existent sur la légitimité citoyenne des organisations altermondialistes pour intervenir dans les négociations mondiales, mais aussi sur le côté démocratique de leur fonctionnement interne, surtout concernant ATTAC. Enfin, certains régimes assez le plus souvent reconnus comme soumis à un pouvoir personnel sans partage, par exemple ceux de Cuba et du Vénuézuela, font l'objet d'une attitude bienveillante de ces organisations.

Les incohérences concernant la vision économique et des échanges

Selon certains, le mouvement altermondialiste manquerait de cohérence dans ses objectifs, et les vues des différents membres seraient principalement contradictoires. En effet, d'un côté les altermondialistes tiendraient un discours alarmiste sur l'impact dans les pays développés (le chômage, la perte d'industries, etc. ) des délocalisations, tandis que de l'autre, ils prétendraient défendre les pays les plus pauvres. Or, en matière de lutte contre la misère dans le tiers monde, l'OMC chercherait à abolir les barrières commerciales protectionnistes mises en place par les nations développées.

Les contre exemples

D'autres critiques mettent en avant les exemples significatifs de l'Inde et de la Chine, et d'une façon plus générale de l'ensemble des pays qui auraient décollé : loin d'être consécutifs à une forte ingérence politique dans l'économie (avec protectionnisme, investissements publics, caisse de «stabilisation», etc. ), tous ces décollages auraient été observés avec la mise en place de politiques de libéralisation économique, moindre interventionnisme, désarmement douanier, etc. Comme pour la pauvreté, la thèse qu'une part importante de la population resterait exclue de ces progrès ne résisterait pas à la confrontation avec la réalité, et au demeurant une telle exclusion partielle ne serait pas un motif justifiant un statu quo pour tous.

Le contre-exemple le plus frappant est la ville indienne de Bangalore, qui, tout en ayant abrité une grande manifestation contre l'OMC en 1993, a acquis une fulgurante prospérité en se reconvertissant vers l'accueil des investissements étrangers, surtout des multinationales, dans les secteurs technologiques, et l'intégration dans la mondialisation des échanges commerciaux, au point d'être désormais surnommée la Silicon Valley de l'Asie.

L'ambivalence concernant le développement culturel

Sur le plan culturel, deux critiques des thèses alter-mondialistes existent. Selon la première, l'ouverture des frontières serait féconde, propice à l'émergence de cultures nouvelles, et le protectionnisme culturel ne conduirait qu'à une fossilisation de la culture au détriment de la culture vivante ; selon la seconde, si la libéralisation unifiait la culture mondiale ce serait plutôt une bonne chose, car des disparitions culturelles (langues, coutumes, etc. ) seraient finalement plus à souhaiter qu'à regretter.

Le côté négatif et principalement abstrait

La Chronologie de l'altermondialisme montre que le mouvement, qui revendique une antériorité de 15 ans, s'ést centré sur des actions de protestation. Il reste ainsi toujours emprunt d'antimondialisation plus que tourné vers des actions concrètes d'amélioration de la vie des populations. Dans ce domaine, son bilan est quasi nul, d'autant que certaines initiatives privées sur le terrain (commerce équitable, microcrédit, logiciels libres, dont l'altermondialisme se présente quelquefois comme l'inspirateur et le promoteur, n'émanent nullement de ce mouvement.

D'autre part le fond doctrinal reste vague et semble tenir du slogan, ou alors de la langue de bois ("un autre monde est envisageable"). Il se décline en un catalogue de principes abstraits et particulièrement généraux, qui reflète le côté particulièrement disparate des mouvements se réclamant de - ou reconnus appartenant à - la mouvance altermondialiste.

Les dangers pour la vie politique

D'une façon plus générale, les libéraux estiment que toute ingérence politique serait moralement injuste, culturellement nuisible, et économiquement contre-productive, car les bonnes intentions politiques ne feraient qu'engendrer certains maux (corruption, prévarication, déplacement de la lutte du terrain économique vers le terrain électoral puis militaire, etc. ), et que la question des relations mondiales ne ferait pas exception. Ils estiment généralement que les altermondialistes n'auraient en fait rien à proposer d'autre qu'un nouvel avatar du communisme, à l'échelle mondiale cette fois, qui serait aussi désastreux que ses manifestations locales déjà expérimentées.

Critique des critiques

Selon certains d'entre eux, jusqu'désormais, l'OMC a particulièrement bien réussi à supprimer les barrières douanières et les «obstacles» à la libéralisation des services dans les pays les plus pauvres. Par contre l'organisation aboutit chaque fois à un échec quand il s'agit de supprimer les réglementations des pays les plus riches, concernant surtout l'agriculture et les textiles. En particulier, les pays les plus riches pratiquent des subventions aux exportations agricoles, qui aboutissent à un dumping de fait sur les cours agricoles mondiaux.

La croissance de l'Inde et de la Chine sont certes incontestables, mais elles s'accompagnent, en particulier en Chine, d'un encadrement étatique fort. Il n'est pas prouvé, bien au contraire, que les plus pauvres en tirent profit. D'autres pays, jadis développés, se retrouvent dans une situation économique catastrophique, selon eux pour avoir voulu suivre à la lettre les recommandations de l'OMC et des institutions financières mondiales apportant des aides financières telles que le FMI. Ils y attribuent par exemple la crise économique de l'Argentine, dont le déclin a démarré en fait après la première guerre mondiale et qui fut accentué par des politiques nationalistes et interventionnistes (avec surtout l'influence toujours réelle du péronisme. Les altermondialistes ne pensent pas à restaurer un dispositif qui n'a pas marché (le socialisme à la soviétique). Ils pensent en premier lieu à mettre un frein à ce qu'ils considèrent comme un libéralisme sauvage, ainsi qu'à permettre aux États de conserver leurs prérogatives. Selon eux, le monde ne peut pas être régi par les seules lois du marché.

Il ne faut pas oublier que l'OMC ne s'intéresse pas qu'aux barrières douanières, ainsi qu'à tout ce qui est susceptible de faire l'objet d'une transaction commerciale, surtout les services. L'Accord général sur le commerce des services (AGCS), l'un des divers accords de Marrakech, doit aboutir à la libéralisation de l'ensemble des services publics dits marchands, la santé, la fourniture d'énergie, la poste, les transports ou l'éducation par exemple. Cette libéralisation (ouverture à la concurrence) entraînera à terme la privatisation des services publics, quand ce n'est pas déjà fait.

Le mode 4, dans l'AGCS, est toujours plus pervers : il autorise un fournisseur de services venu d'un pays A à faire travailler dans un pays B du personnel venu du pays A, en lui conservant le statut qui est le sien dans le pays A. C'est à dire, et pour rester dans l'unique cadre de l'Union européenne, une entreprise polonaise pourrait, selon l'interprétation des altermondialistes, faire venir travailler en Allemagne des employés polonais payés avec le salaire qui est le leur en Pologne, et selon le code du travail et les avantages sociaux polonais. (ce paragraphe est dépassé)

La question du bilan

La chronologie des actions altermondialistes montre que l'histoire de l'altermondialisme a été riche en protestations et de contestations de toutes sortes de la mondialisation, accompagnées fréquemment de perturbations de l'ordre public, et quelquefois de violences. Cependant, son insistance à se démarquer sémantiquement de l'antimondialisation montre que cette doctrine entendait aussi apporter des idées positives et en particulier des réalisations concrètes. De plus, les idées altermondialistes mettent en avant les plus gros défauts de la mondialisation. Les actions de ce mouvement ne sont pas à la hauteur des idées. L'altermondialisme ne serait par conséquent, pour l'instant, qu'une utopie.

Réalisations

Les réalisations concrètes qu'on peut citer depuis les manifestations de Seattle en 1999 :

Le mouvement altermondialiste a essayé de s'approprier, pour se donner une image plus positive, la paternité de certaines initiatives de terrain dans lesquelles elle n'est objectivement pour rien : commerce équitable, microcrédit, logiciels libres... Le mouvement des logiciels libres (et ses applications dans d'autres domaines telles que Creative Commons ou Wikipédia) remonte par exemple à 1984 (voire ressuscite l'état d'esprit qui régnait aux origines de l'informatique) et peut être reconnu comme un pur produit tant de la mondialisation que du libéralisme : produit de façon décentralisée par delà les nations et les frontières, il est la conjonction du libéralisme politique d'un Richard Stallman et du libéralisme économique (et de l'intérêt bien compris) de ses sponsors tels que IBM, Sun Microsystems, Novell... et ne fait que rétablir une concurrence non faussée par le monopole de Microsoft.

Maigre bilan ?

Comparé à la passion ainsi qu'à la radicalité mise dans la contestation et l'opposition à la mondialisation, ces quelques réalisations restent selon de nombreux critiques rares et limitées ; et les améliorations apportées aux populations qu'elle prétend défendre discutables.

Ainsi, dans son ouvrage La grande perturbation analysant la mondialisation, le politologue français Zaki Laïdi consacre des pages d'analyse aux résistances à la mondialisation et sur les contradictions et les limites de la mouvance altermondialiste et arrive à la conclusion que «La capacité de la mouvance altermondialiste à proposer des solutions alternatives reste extrêmement limitée»[1]

Pascal Bruckner affirme que «Ce n'est pas être insultant que de souligner la grande faiblesse théorique de la mouvance altermondialiste qui peine à dépasser le stade de la simple invective au moment où le dispositif a plus besoin que jamais pour se régénérer d'un adversaire à sa mesure.»[2]

Des réponses partielles à cet échec relatif peuvent être cherchés dans les manques suivants :

Sur le terrain, une réaction contraire en faveur de la mondialisation des échanges économiques a pu au contraire être observé, comme le montre l'exemple de Bangalore : cette ville où s'est tenue une grande manifestation anti OMC en 1993, est désormais surnommée la Silicon Valley de l'Asie, car elle doit sa prospérité actuelle à s'être ouverte massivement aux multinationales du secteur technologique, aux capitaux étrangers ainsi qu'à la mondialisation des échanges.

En ce qui concerne l'Europe, les altermondialistes ne semblent pas, vu de l'extérieur, faire des efforts crédibles pour qu'un réel plan B voit le jour, ce qui signifierait qu'après avoir diabolisé la constitution européenne ils se satisferaient du statu quo des Maastricht-Nice. Au vu des principaux changements entre le traité de Rome de 2004 et le traité de Nice, certains comme Alain Lipietz en déduisent qu'une organisation comme Attac a des conceptions souverainistes, qu'elle serait plus préoccupée d'acquérir un poids politique pour peser à l'échelle de l'État-nation que de construire à l'heure de la mondialisation un espace politique européen où la souveraineté est partagée, et qui est dans l'intérêt du prolétariat européen selon Toni Négri[3].

Notes et références

  1. La capacité de la mouvance altermondialiste à proposer des solutions alternatives reste extrêmement limitée - Interview avec Zaki Laïdi au sujet de son ouvrage La grande perturbation
  2. Philippe Monti, «Le Monde contre Attac et Le Monde Diplomatique», Acrimed, 28 janvier 2003.
  3. Le nouveau prolétariat européen a intérêt à l'Europe unie - Toni Negri prend le contre-pied de la pensée unique altermondialiste contre l'Union européenne

Recherche sur Amazone (livres) :



Ce texte est issu de l'encyclopédie Wikipedia. Vous pouvez consulter sa version originale dans cette encyclopédie à l'adresse http://fr.wikipedia.org/wiki/Pol%C3%A9miques_autour_de_l%27altermondialisation.
Voir la liste des contributeurs.
La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 05/07/2009.
Ce texte est disponible sous les termes de la licence de documentation libre GNU (GFDL).
La liste des définitions proposées en tête de page est une sélection parmi les résultats obtenus à l'aide de la commande "define:" de Google.
Cette page fait partie du projet Wikibis.
Accueil Recherche Aller au contenuDébut page
ContactContact ImprimerImprimer liens d'évitement et raccourcis clavierAccessibilité
Aller au menu