Souveraineté alimentaire
La souveraineté alimentaire est un concept développé et présenté pour la première fois par Via Campesina lors du Sommet de l'alimentation organisé par la FAO à Rome en 1996.
Catégories :
Agriculture - Altermondialisme
Recherche sur Google Images :
Source image : blog.fdh.org Cette image est un résultat de recherche de Google Image. Elle est peut-être réduite par rapport à l'originale et/ou protégée par des droits d'auteur. |
Page(s) en rapport avec ce sujet :
- La souveraineté alimentaire sert à désigner le DROIT d'une population, d'une région ou d'un pays à définir leur politique agricole et alimentaire, sans dumping.... La souveraineté alimentaire est le droit des peuples à une alimentation saine, ... (source : uniterre)
- Où vont les excédents agricoles produits par les pays riches ?... Le défi de la souveraineté alimentaire est envisageable, mais… Pambazuka News 23 avril... (source : inter-reseaux)
La souveraineté alimentaire est un concept développé et présenté pour la première fois par Via Campesina lors du Sommet de l'alimentation organisé par la FAO à Rome en 1996 [1]. Il a depuis été repris et précisé par les altermondialistes lors des différents Forums Sociaux Mondiaux.
La souveraineté alimentaire est présentée comme un droit mondial qui laisse la possibilité aux pays ou aux groupes de pays de mettre en place les politiques agricoles les mieux adaptées à leurs populations sans qu'elles puissent avoir un impact négatif sur les populations d'autres pays. La souveraineté alimentaire est par conséquent une rupture comparé à l'organisation actuelle des marchés agricoles mise en œuvre par l'OMC.
Complémentaire du concept de sécurité alimentaire qui concerne la quantité d'aliments disponibles, l'accès des populations à ceux-ci, l'utilisation biologique des aliments et la problématique de la prévention et gestion des crises, la souveraineté alimentaire accorde en plus une importance aux conditions sociales et environnementales de production des aliments. Elle prône un accès plus équitable à la terre pour les paysans pauvres, au moyen si indispensable d'une réforme agraire et de mécanismes de sécurisation des droits d'usage du foncier.
Au niveau local, la souveraineté alimentaire facilite le maintien d'une agriculture de proximité destinée en priorité à alimenter les marchés régionaux et nationaux. Les cultures vivrières et l'agriculture familiale de petite échelle doivent être favorisées, du fait de leur plus grande efficacité économique, sociale et environnementale, comparée à l'agriculture industrielle et les plantations de grande échelle où travaillent de nombreux salariés. La place et le rôle des femmes sont privilégiés.
La souveraineté alimentaire privilégie des techniques agricoles qui facilitent l'autonomie des paysans. Elle est par conséquent favorable à l'agriculture biologique ainsi qu'à l'agriculture paysanne. Elle refuse l'utilisation des plantes transgéniques en agriculture.
Commerce mondial
Elle est aussi favorable à ce que les pays africains en développement, qui souffrent des importations subventionnées des pays développés (en particulier les États-Unis et l'Europe, dont la France) puissent protéger leur marché intérieur, en dépit des accords de libre-échange de l'OMC.
Ce concept concerne surtout la politique agricole protectionniste européenne, américaine et japonaise. La Confédération paysanne critique les subventions aux exportations des pays du Nord, qui permettent de vendre à l'extérieur à un prix inférieur au coûts de production, empêchant la survie des paysans du "Sud".
La souveraineté alimentaire prône un commerce mondial juste qui[2]
- autorise des soutiens publics aux paysans, à condition qu'ils ne servent pas directement ou indirectement à exporter à des prix inférieurs aux coûts de production (Dumping),
- garantisse un niveau de prix agricoles suffisamment rémunérateur pour que les agriculteurs pauvres puissent investir et sortir de la misère, grâce à des accords régionaux et internationaux de maîtrise de la production (cartel de producteurs comme le pratique l'OPEP)
- autorise les différents pays ou groupes de pays à mettre en place, si besoin, des barrières douanières appropriées pour développer leur propre secteur agricole.
- considère que la satisfaction des besoins alimentaires de la totalité de l'humanité est une priorité de premier ordre et une condition principale de la paix et la démocratie, tandis que plus de 800 millions d'êtres humains souffrent quotidiennement de la faim, ce qui met en évidence la violation flagrante de la Déclaration Universelle des Droits Humains de 1948 par la majorité des états.
Critiques de la notion de souveraineté alimentaire
Les théoriciens libéraux soulignent que de nombreux pays sont dépendants d'exportations agricoles où ils possèdent un avantage comparatif certain. Ainsi, l'ouverture des marchés des pays industrialisés aux importations de produits agricoles peut contribuer à créer de l'activité économique dans les pays en voie de développement. D'une façon plus générale, Jeffrey Sachs et Andrew Warner ont dégagé dans leurs travaux une corrélation entre la croissance annuelle du PIB et le degré d'ouverture de l'économie[3]. Ce qui fait dire à Johan Norberg qu'il est «insensé de réclamer que les pays deviennent autosuffisants»[4].
De façon plus générale, les travaux d'Adam Smith sur l'avantage absolu dans sa Recherche sur la nature et les causes de la richesse des nations et de David Ricardo sur l'avantage comparatif dans Des principes de l'économie politique et de l'impôt soulignent qu'en empêchant la spécialisation des pays et la division mondiale du travail, on diminué la production totale et par conséquent le revenu de ces pays.
Le concept de souveraineté alimentaire fait l'objet d'une réflexion critique au sein même du mouvement altermondialiste qui reprochent à ce concept d'être trop axé sur la dimension nationale et mondiale du problème et de laisser de côté la dimension locale et son articulation avec les autres niveaux. Ils regrettent que le concept soit principalement défini comparé aux problèmes de la production agricole et de l'élevage, tandis que la question alimentaire touche bien d'autres domaines comme la gestion des forêts, des ressources halieutiques, de l'eau. Cette question ne concerne par conséquent pas uniquement les agriculteurs, mais la totalité de nos sociétés.
Enfin, les mondialistes déplorent le renforcement des nationalismes auquel peut conduire un concept qui peut mener à une politique d'autarcie et de fermeture.
Notes et références
- ↑ DÉCLARATION DU FORUM DES ONG ADRESSÉE AU SOMMET MONDIAL DE L'ALIMENTATION
- ↑ texte de Via Campesina sur la souveraineté alimentaire qui a été distribué à Porto Alegre 2003 [1]
- ↑ Jeffrey Sachs & Andrew Warner, Economic reconstitu and the process of global integration, Brookings Papers on Economic Activity, 1995
- ↑ Johan Norberg, Plaidoyer pour la mondialisation capitaliste, Plon, 2003, p. 99
Voir aussi
- Souveraineté
- Sécurité alimentaire
- Crise alimentaire mondiale de 2007-2008
- Réforme agraire
- Libre-échange
Documents
- [pdf]Protéger la paysannerie pauvre dans un contexte de mondialisation, Marcel Mazoyer, FAO, 2001.
- [mp3] Document audio, reportage sur l'agricture vivrière en suisse - Licence [2] - Source RSR Radio suisse romande
Liens externes
- DECLARATION DU FORUM DES ONG ADRESSEE AU SOMMET MONDIAL DE L'ALIMENTATION
- Déclaration de Via campesina
- Un site consacré à une approche économique de la souveraineté alimentaire, par Michel Buisson économiste agricole.
- Plateforme souveraineté alimentaire
- Comité Mondial de Planification pour la Souveraineté Alimentaire
- La souveraineté alimentaire vue du Sud
Recherche sur Amazone (livres) : |
La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 05/07/2009.
Ce texte est disponible sous les termes de la licence de documentation libre GNU (GFDL).
La liste des définitions proposées en tête de page est une sélection parmi les résultats obtenus à l'aide de la commande "define:" de Google.
Cette page fait partie du projet Wikibis.

Accueil
Recherche
Début page
Contact
Imprimer
Accessibilité