Système d'échange local

Un dispositif d'échange local est un dispositif d'échange sans monnaie, construit à côté du dispositif monétaire classique.



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  • La monnaie des systèmes de monnaies sociales est , comme tout autre monnaie, le résultat de .... 1999. " Dispositifs d'échange local. Les S. E. L. en juin 1998.... (source : fr.pekea-fr)
  • En revanche, elle était membre du dispositif d'échange local (SEL) pyrénéen, ... s'insère dans un système, le SEL, qui est entre autres un système d'insertion.»..... «Si le sel est une monnaie, c'est la monnaie de la solidarité.... (source : books.google)

Un dispositif d'échange local (ou SEL) est un dispositif d'échange sans monnaie, construit à côté du dispositif monétaire classique. Toujours plus que le dispositif monétaire, les SEL sont basés sur l'économie de marché. Les SEL sont des associations déclarées ou de fait à but non lucratif, qui autorisent leurs membres de procéder à des échanges de biens, de services et de savoirs sans avoir recours à la monnaie gouvernamentale (ou supra-gouvernamentale dans le cas de l'euro).

Fondations

Les promoteurs d'un SEL cherchent à construire concrètement et immédiatement un dispositif plus satisfaisant selon eux que le dispositif monétaire habituel. Ils appartiennent fréquemment à la mouvance dite antilibérale, car ils voient dans le dispositif économique actuel des défauts : mauvaise valorisation du temps disponible surtout des chômeurs, inégalité de départ et inégalité à l'arrivée, poids démesuré de la spéculation financière, et des multinationales qui profitent de la mondialisation, etc.

Néanmoins, les libéraux font remarquer les points communs avec une économie de marché : indépendance comparé à l'État, définition de leur propres règles sociales sans référence à la règle commune, monnaie privée, maintien de la propriété privée, etc. Les SEL ne feraient que «réinventer le marché». Alain Madelin se félicitait par exemple du progrès des SEL en 1995 dans Lorsque les autruches relèveront la tête. Il y rédigé ainsi à propos des SEL : «Il s'agit tout simplement de la réinvention de circuits économiques de base. Produire, échanger, en marge des contraintes administratives, sans prélèvements obligatoires avec, pour couronner le tout, la réinvention d'une banque libre !»[1]. Néanmoins, les libéraux estiment que les SEL ont l'inconvénient de promouvoir une société close et protectionniste au lieu d'une société ouverte.

L'échange se base le plus souvent sur une conception objective de la valeur, proche de la valeur travail d'Adam Smith, David Ricardo et Karl Marx, et non sur la conception subjective de la valeur, qui l'a supplantée depuis la «révolution marginale» de la fin du XIXe siècle. Le calcul de la valeur peut être simplifié à l'extrême : pour certains SEL facilitant la solidarité et le lien social, une heure d'échange vaut une heure, qu'on ait fait une tache qualifiée ou non ; on gagne 100 unités qu'on ait fait du nettoyage ou donné un cours de physique quantique.

La monnaie des SEL est fréquemment limitée à sa fonction d'échange et d'unité de mesure, elle ne remplit pas la fonction d'épargne (et ses corollaires : taux d'intérêt, spéculation... ) .

Intérêt

Selon ses défenseurs, si l'intérêt essentiel des SEL est de permettre de nouvelles activités et d'introduire de nouveaux flux monétaires, pour pallier le manque de monnaie respectant les traditions des participants, ils permettent en particulier de créer des liens la création de biens et de services et leur échangedans le groupe, qui s'assimile finalement à un grand groupe d'entr'aide.

Organisation

Un SEL est une structure associative déclarée ou libre qui permet aux adhérents de pratiquer des échanges multilatéraux valorisés en monnaie fictive et autonome, fréquemment basée sur le temps passé, au nom varié (grain de SEL, cacahuète, truffes, bouchons, noix de coco... ), et des échanges libres (plus fréquemment de services que de biens). La monnaie du SEL peut suivre des règles complexes et particulièrement différentes des règles courantes (monnaie non capitalisable, etc. ).

Il est par conséquent envisageable à l'ensemble des membres du dispositif d'échanger des services au travers de cette nouvelle économie. Une personne pourra ainsi être créditée de 100 grains de SEL en gardant des enfants pendant une soirée avant d'aller les dépenser ailleurs en cours de guitare par exemple. La valeur d'un service est le plus souvent dictée selon le temps qu'il nécessite. Il n'y aura ainsi pas de différence entre une heure de cours de maths et une heure de jardinage. Cependant, chaque SEL a sa propre logique, et il peut y avoir plusieurs mesures occasionnellement(surtout dans les SEL qui ne se sont pas affranchis de la référence à l'euro). C'est pourquoi de nouveaux types de SEL, nommés SELT, ont émergé ces dernières années. L'unité de mesure étant le temps, on perd la notion de monnaie et l'ensemble des «mauvais réflexes» qu'elle peut induire, à condition de comptabiliser strictement le temps passé (i. e. de ne pas comptabiliser plus ou moins de temps comptable que de temps réel). Ce nouveau type de SEL est cependant plus long à mettre en place.

Une autre approche des SEL (en expérimentation à Abbeville dans la Somme), avec comme entrée l'insertion. Il s'agit d'œuvrer à la réinsertion des publics marginalisés par la société (allocataires surtout). C'est inverser la sortie du capitalisme puisque tout est axé sur une démarche mimétique vis-à-vis des règles sociales et économiques existantes. Pour ces SEL, le travail informel est aussi un outil de maintien et de développement des compétences, ceci en vue d'une valorisation monétaire sur le marché du travail.

Aspect légal

En France, les transactions réalisées dans le cadre du SEL ne sont exonérées de TVA et d'impôts que étant donné que c'est une activité non répétitive et ponctuelle, type «coup de main» et n'entrant pas dans le cadre d'une profession.

En 1998, le procès en appel de trois adhérents du SEL Pyrénéen a abouti à leur relaxe. En septembre 1996, dans un petit village de l'Ariège, deux adhérents du SEL ont aidé un troisième à réparer son toit. Après dénonciation d'un voisin et enquête de la gendarmerie, les trois adhérents ont été poursuivis pour travail clandestin et utilisation de travailleurs clandestins, condamnés par le Tribunal de Foix le 06/01/98 puis relaxés en appel à Toulouse le 17/09/98 car les conditions caractérisant un travail clandestin n'étaient pas réunies.

Mais, toujours en France, si dans le cadre d'un SEL on se livre à une activité répétitive ou entrant dans le cadre de son métier, on se doit de le déclarer aux organismes concernés.

Historique

Le premier SEL (LETS en anglais, pour Local Exchange Trading System) a été fondé au Canada, dans les années 1980. Michæl Linton, écossais, qui vivait sur l'île de Vancouver, voulait ainsi aider les habitants de cette région touchée par le chômage. Il a par conséquent proposé de créer un dispositif basé sur le troc, dans une grande communauté, avec une monnaie locale, le green dollar.

L'expérience fut plutôt positive, malgré les réticences de certains éléments clés de la région. Elle a duré cinq ans, avant de s'arrêter, suite à des problèmes internes de bureaucratie trop lourde et manquant de transparence, ce qui a amené une perte de confiance des adhérents. Une vingtaine de dispositifs identiques avaient cependant été lancés légèrement partout en Amérique du Nord entre temps.

Le premier SEL moderne de France a été créé en 1994, en Ariège. En 1996, Strasbourg était l'une des premières grandes villes de France à voir naître un SEL. Dix ans après, il y a près de 300 SEL dans 96 départements, de tailles plus ou moins modestes (de deux à quelques centaines de membres) suivant les régions, qui autorisent plus de 20 000 personnes de procéder à des échanges.

On en trouve aussi en Australie, au Japon ou en Amérique latine.

Notes et références

  1. Alain Madelin, Lorsque les autruches relèveront la tête, chap. 2, p. 89, [lire en ligne]

Voir aussi

Liens externes

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